Stories and Dreams!!!

02 décembre 2008

L'HOMME QUI REGARDAIT PASSER LE TRAIN

Sujet : L’homme qui regardait passer le train…

Réticente, la tempête tarde à venir, mais l’homme regarde passer le train sans mouvoir. Il a cru, fait confiance, mais tout a abouti à ce chemin pavé derrière les rails noircies. Dans sa tête défilent les images de son passé, un village archaïque aux maisons colorées. Il avait prit dans une main sa valise et ses clés, dans l’autre, un vieux manteau troué et délavé, près à vagabonder.

Du haut de sa colline, il attend, près à voir ce qui fut un matin sa raison, son avoir. Le train passe et défile, retenant ses pensées et c’est en le regardant qu’il a pu se rappeler.

Les wagons sont bien loin à présent et, pourtant, il reste là, contemplant l’éphémère des saisons. Il marche, agonisant, dans les rues mornes et grises, comme si le beau temps, depuis longtemps, n’y entrait plus. À chaque pas qu’il fait les larmes se languissent. Il s’arrête, souffle et fixe droit devant lui, une porte aux nuances maintenant mortes, restée ouverte et il sait que de l’autre côté, plus rien ne vit encore. Il passe le seuil et s’assoit, dépose sa valise sur la table couverte de poussière et l’ouvre, mais dedans, un grand vide, rien à voir. Rien, à part peut-être une image, celle d’une femme et d’un enfant assis devant une colline où longe, là derrière, une route en pavé bordé d’un chemin de fer.

Par : Mélie Breton

1re Année Randonnée

ITA Campus de Lapocatière

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Histoire juste pour le fun

Il n'y a pas encore de but précis à cette histoire, mais elle m'inspire beaucoup. Je vais la continuer et voir ce que ça risque de donner ;)

Histoire pour le fun : les trois princes.

Chapitre 1 : D’où je viens…

Là où les montagnes forment une vallée, où les ruisseaux se transforment en rivières et où les nuages retombent en fine et tiède pluie de printemps, c’est là, mon chez-moi, là d’où je viens. Mais je ne suis pas née dans cet endroit luxuriant. Non, je n’appartiens pas à ces vifs arbres et à ces jardins aux milliers de couleurs brillantes. Je ne sais pas à quel monde j’appartiens et encore moins où je pourrais le savoir.

Un jour, je demandai à ma mère adoptive :

Mère, je ne viens pas d’ici, je ne suis pas princesse, je ne viens pas du village voisin ni de celui qui suit. Dis-moi, qui suis-je et d’où viens-je?

Ma chérie, m’a t’elle répondue, tu viens d’un endroit lointain qui borde l’océan, sculpte les montagnes et caresse les courts d’eau. Là-bas, la pluie se fait abondante et le vent doux. Tout n’est que merveille et joie. Mais sache, il y a de cela peu de temps, qu’un vent malin a soufflé sur cet endroit si magnifique et y a introduit les vices de ce monde. Là d’où tu viens n’existe plus. C’est à présent la métropole du pays et tu n’y reverra plus jamais ta famille.

Je fus tétanisée par cette nouvelle. Il me fallait trouver cet endroit et y instaurer de nouveau ces choses merveilleuses dont ma mère venait de m’en faire la description. Je lui dis donc :

Mère, je m’en vais. Je pars à la recherche de ce village qui m’a donné naissance et je ne reviendrai que lorsque j’aurais trouvé réponse à mes questions.

Après un moment de silence, elle m’a répondu, tout en restant sur le même ton blasé :

Alors va. Je ne te retiendrai pas. Fais ce que tu veux, mais reviens-moi dans un an, avant l’hiver.

Et je partis donc vers je ne sais où. Totalement maître de moi-même et sûre d’une seule et unique chose : J’allais enfin connaître ma véritable maison. Non pas que celle que je possédais en ce moment ne me convenait pas, mais elle restait parfaitement inconnue et étrangère pour moi.

Je marchai pendant des heures et des jours pour finalement arriver à une grande forêt sombre et aux airs sauvages et coléreux. J’y entrai sans aucune hésitation, ni même de peur ou de frisson, juste l’excitation de voir ce qui s’y trouvait. Je me sentais de plus en plus fatiguée lorsque j’aperçus un petit ruisseau à l’eau claire comme le cristal. Je m’y agenouillai et bus à pleines gorgées. Je me redressai pour prendre ma respiration et levai la tête pour atteindre le plus d’air possible.

Mais juste quand je fermai les yeux pour me détendre, je sentis une pointe aiguisée effleurer doucement ma gorge. J’ouvrai rapidement les yeux, mais ne bougeai ne serait-ce que d’un pouce. Là, devant moi, je vis un homme, magnifique à l’allure fière et fine, debout, me caressant presqu’affectueusement la peau avec la lame de sa dague. Je pouvais distinguer un mince sourire au creux de ses lèvres, mais n’y portai pas vraiment attention. Il portait avec prestance une grande cape d’un noir de geai, soignée et aussi souple qu’un voile de soie. De longs cheveux semi-bouclés lui tombait sur les épaules et queue de cheval à moitié attachée. Il avait la peau aussi blanche que l’ivoire de la flûte que mon père adoptif m’avait fait cadeau. Ses lèvres, toujours souriantes, semblaient briller sous l’effet du soleil et rougeoyaient de santé. J’étais tout simplement émerveillée par la beauté de cet homme devant moi.

Je tentais de dire ne serait-ce qu’un mot mais il me coupa la parole.

- Les étrangers sont interdis ici. Que fais-tu dans cette forêt. Attention à ta réponse, ça pourrait être la dernière chose qui sorte de ta jolie petite bouche.

Il me semblait tout à coup tellement arrogant et hautin que j’en eu presqu’envie de lui faire avaler sa dague. Mais cette voix était tellement mielleuse et soyeuse que je ne peux faire autrement que de lui répondre sincèrement.

- Je ne suis pas ici pour faire de mal à qui que ce soit. J’ignore même où je suis et qui vous êtes. J’ai vu cette forêt et, espérant y trouver quelque chose à boire, m’y suis aventurée. Mais si je n’avais pas le droit d’y pénétrer, il faut m’excuser, je vais en sortir immédiatement.

- Hum, marmonna- t’il en me regardant, douteux, je ne sais pas non plus qui tu es, mais comme tu viens juste de boire cet eau qui pourtant est sensée être mortelle pour quiconque a une mauvaise intention, je présume que tu dis la vérité.

- Elle... Elle est mortelle?! O_O Mais... Je viens d’en boire plein!

- Du calme, si elle l’étais pour toi, tu serais déjà morte.

Il enleva alors sa dague de sous ma gorge et me tendit la main pour m’aider à me relever. Je me mis debout et fus aussitôt prise de vertiges. Je faillis m’effondrer au sol, mais il me rattrapa juste à temps.

- Qu’est-ce que tu as, ça ne va pas?!

- Je... Non... Tout va bien, excuse moi, fis-je en me relevant.

Je tentais tant bien que mal de rester debout et de regarder devant moi.

- Ça fait longtemps que tu marches comme ça?

- Environ 3 jours pourquoi?

- Tu n’as pas mangé de la journée je pari.

- Ah! Hum... Comment le sais-tu?

- Les vertiges n’arrivent pas pour n’importe quelle raison. C’était assez facile à deviner.

Je regardais le sol, ne sachant quoi dire. Après tout je n’avais plus rien sur moi et je me disais bien que cet homme ne prendrait pas de l’argent.

- Viens avec moi je vais te montrer un endroit où tu pourras manger à ta faim.

- Mais! C’est trop gentil! Je n’ai rien à vous donner en échange!

- Je ne veux rien. Tiens-moi compagnie ce sera déjà plus agréable que de manger seul.

Je regardais toujours le sol, mais me mis à sourire. J’étais contente d’enfin rencontrer quelqu’un.

Nous arrivâmes devant un feu de bois entouré de pierres parfaitement alignées et juste de la bonne grosseur pour nous servir de sièges. Il me fit signe de m’asseoir et se dirigea derrière un arbre encastré dans la roche d’une montagne. Il se mit alors à chanter dans une langue qui m’était inconnue. Cette mélodie résonnait dans ma tête comme une symphonie complète et harmonieuse. Sa voix semblait faire écho dans toute la forêt et passer au travers des arbres. En entendant ces harmoniques de voix, je ne pus m’empêcher de pleurer, non pas de peine, ni même de joie, simplement d’un trop plein d’émotions qui m’envahissait. Cette musique me faisait me sentir tellement nostalgique et à la fois heureuse d’être ici, également triste de n’être à présent que par moi-même et sans ami ni famille, mais aussi tellement calme et sereine dans cette forêt. Lorsqu’il eut chanté la dernière note, l’écorce de l’arbre se mit à frémir et des pommes tombèrent de la cime. Magnifiquement rouges et brillantes, elle gisaient sur le sol et moi, je n’avais qu’à me pencher pour les ramasser.

L’homme se retourna et s’approcha de moi alors que j’étais distraite par toutes ces pommes par terre. Il s’assit devant moi et me regarda tendrement. Je réalisai alors que je n’avais pas essuyé mes larmes et qu’elles longeaient encore le long de ma joue. J’envoyai la main pour les sécher, mais il me la prit doucement et me regarda avec un petit sourire.

- Alors tu as aimé ma chanson on dirait.

- Ah.. Euh... En fait... Oui, mais eum... Je...

Il se mit a rire en me voyant balbuter ainsi. Je rougi atrocement et il me prit le menton gentiment.

- Ne t’en fais pas, ça fait souvent cet effet là, c’est une langue de musiciens. Elle est faite pour faire voyager les sentiments que la personne qui chante ressent aux autres qui l’entour et l’entendent. Ça me touche beaucoup que ça te fasse pleurer. ^^

- Je... J’aurais aimé que vous ne vous arrêtiez jamais...

- Je chanterai plus souvent si tu restes plus longtemps.

- Rester? Moi? Ici? Je ne peux pas, j’ai un but à atteindre. Mais lorsque je reviendrai je...

- Un but? Tu veux aller à la métropole je pari.

- Ah! Comment le savez-vous?

- Pas trop compliqué, tout le monde veut y aller.

Il se releva d’un air beaucoup plus détaché qu’auparavant et ne me regardait plus dans les yeux. Il avait l’air plutôt en colère en fait.

- Mais pourquoi vous n’y allez pas vous, si tout le monde veut y aller?

Cette question sembla le troubler et il se mit alors à me crier littéralement dessus.

- Tout le monde?! Je ne suis pas tout le monde moi! Regarde-moi bien! Pense-tu sincèrement que j’ai ma place dans un ville?!

- Ça va!! Pas besoin de le prendre comme ça! Je ne connais pas le coin ni les gens d’ici alors je posais simplement la question!

Son regard semblait se calmer, il avait presque l’air désolé. Il se retourna et s’excusa de s’être emporté. Je me levai et lui mis une main sur l’épaule.

- Écoutes, si tu veux bien m’accompagner jusqu’à la métropole et me montrer le chemin, alors j’accepte de rester quelques jours. D’accord?

- Hum... Laisse-moi y penser, dit-il sur un ton sarcastique, sui-je si désespéré?

- Haha! Oui! Moi je dis que oui!

- Très bien alors. ^^ Je t’accompagnerai jusqu’à la métropole, mais je ne rentrerai pas dedans comprit!

- Comprit! ^^

- Alors... Tu acceptes vraiment de rester ici quelques temps?

- Oui, j’ai bien le temps. ^^ Je dois être revenue chez moi avant l’hiver prochain. Comme nous sommes au printemps, j’ai encore bien des saisons.

- Parfait! Alors viens avec moi! Je vais te montrer où nous dormirons ce soir!

- Ah! Attend! Je ne sais toujours pas ton nom! Oups! Je veux dire votre...

- Tu c’est parfait. Et je m’appelles Lyrhon. Je suis maître et possesseur de cette forêt.

- Et bien Lyrhon, Je suis Akane, ravie de te rencontrer. ^^

- Moi de même.

Il me fit une révérence gracieuse et parfaitement exécutée. Je ris et nous partîmes vers notre dortoir pour la nuit.

Fin du chapitre

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05 avril 2009

Child of the Rain: Chapitre 01

Bon voilà, cette histoire, j'y tient beaucoup, elle a du sens et j'ai bien l'intention de la continuer.

C'est basé sur l'idée de départ du manga Hana Yori Dango, mais évidemment ce ne sera pas pareil du tout, c'est uniquement le principe de base. Enfin bon, voilà le premier chapitre.

Child of the Rain

Ce matin là, mon alarme sonna avec plus de puissance qu’à son habitude… Enfin c’était ce que je me disais puisque j’avais passé la nuit debout à faire les dessins de mon projet libre. Ce projet est celui qui plait le plus aux étudiants puisqu’il nous laisse le droit de choisir ce que l’on veut faire du moment qu’on respecte certaines conditions, mais avec un minimum d’imagination, on arrive à faire n’importe quoi. Bon, tout ça pour dire que j’avais décidé de faire quelque chose que personne n’aurait imaginé. Personne ne devait être au courant. Cela devait être une surprise!

J’arrivai à l’école, le cœur léger d’avoir enfin terminé mes dessins et ne regardai pas où je marchais. Je trébuchai sur quelque chose et mon sac s’ouvrit en grand par terre. Tous mes papiers s’envolèrent à droite et à gauche. Je tentai de me relever mais n’arrivai pas à rattraper toutes les feuilles. Je me penchai pour en ramasser une lorsque j’en vis une autre passer par-dessus le pont qui surplombe la petite rivière qui entoure le collège. J’eu à peine le temps d’apercevoir qu’il s’agissait du dessin principal avant de le regarder descendre droit dans l’eau. J’eu beau courir, il avait déjà disparu sous les houles et les rapides. Les larmes aux yeux et le cœur gros, je rangeai le reste des papiers dans mon sac, le fermai comme il convient et partie, complètement déprimée à mes cours.

En sortant de la classe, je croisai quelques élèves qui bavassaient, comme d’habitude, sur les soit disant exploits de ce gang dont je ne me rappelle plus du nom. J’étudie dans une école où la richesse et la classe est orthodoxe. Ce gang se croit meilleur à cause de leur situation financière plus évoluée que celle des autres élèves, mais en fait je les trouve juste déplacés. Enfin, j’écoutais tout de même ce qu’il pouvait bien se tramer aujourd’hui.

Élève 1 : - Tu as entendu! Il parait que Kondo-kun a encore frappé un élève.

Élève 2 : - Une fille en plus! Il me fait peur pas toi?

Élève 1 : - Oh oui, mais il est tellement mignon! J’aimerais bien qu’il me demande de sortir avec lui! u_u

Élève 2 : - Et moi donc!

Je les écoutai en me disant qu’elles devaient être bien malheureuses pour souhaiter une chose pareille…

Je passai mon chemin et me dirigeai vers la rivière dans l’espoir d’y apercevoir mon dessin. En arrivant, je ne vis par terre que des vestiges de vieux journaux ou de boîtes de jus trempées.

Voix derrière : - Tu cherches quelque chose?

Je me retournai d’un coup sec, surprise que quelqu’un soit derrière moi.

Aya Amako (Beauté sauvage, enfant de la pluie) : - Ah! Euh! Non pas spécialement, eum… pourquoi?

Je n’arrivais pas bien à voir quel visage il avait à cause de l’ombre que faisait le pont.

Inconnu : - Bon, dit-il en se retournant pour partir, je pensais que c’étais à toi. Tant pis.

Je le vit secouer une feuille de papier humide, mais y distinguai quand même les dessins dessus. C’était mes plans! Il avait mon dessin dans sa main! Je couru vers lui en criant :

Aya : - Attend! Ce sont mes dessins!

Je l’agrippai par la manche et il se retourna. Je vis alors son visage et reconnu tout de suite celui dont parlaient les 2 filles de tout à l’heure. Kondo-kun! Salome Kondo-kun! Merde! Je ne voulais pas avoir à lui parler! J’espérais pouvoir l’éviter à l’école jusqu’à ce que je termine, mais le destin avait voulu que je le rencontre aujourd’hui. Je me dis qu’il ne fallait pas paraître faible, sinon, il me prendrait pour toutes ces autres filles qui veulent sortir avec lui et qui en ont peur, je devais lui montrer que j’étais différente. Peut-être allait-il rendre ma vie plus intéressante!

Aya : - euh… Ce papier est… À moi… Où l’as-tu trouvé?!

Kondo : - Il m’est  tombé dessus alors que je faisais une sieste sous le pont. Je m’étais dit que si je trouvais celui qui avait laissé tomber ça, je lui casserai les bras pour avoir osé être aussi distrait!

Aya : - *avale sa salive et se force pour avoir un air décontracté* Ha… hahaha… haha…… Tu… tu plaisantes j’espère…

Kondo : - Non. Es-tu toujours certaine que ce papier est bien à toi?  Je veux bien te laisser une chance vu que tu es une fille.

Aya : - *d’un air fâché* !!! Ce papier est à moi et ce n’est pas parce que je suis une fille que j’encaisse moins bien que les garçons! Je veux que tu me redonnes mon papier, il est très important et s’il faut que tu me fasses je ne sais trop quoi pour le ravoir, je suis prête à le prendre!

Je fermai fort les yeux et me tenais prête à ce qu’il me file un coup de poing ou quelque chose dans le genre, mais il ne dit rien et ne fit rien. J’entrouvris les yeux…

J’eu juste le temps de voir ses yeux si proche des miens que j’en feignis presque. Je sentis ses lèvres frôler les miennes et reculai d’un bond.

Aya : - Qu’est-ce… Qu’est-ce que tu fais?! Ce n’est pas un coup de poing!

Kondo : - Pff… ça te fais pourtant plus mal qu’un coup de poing n’est-ce pas?

Je figeai. Il avait raison! Mon cœur faisait tellement mal que j’avais envie de le prendre et de le jeter dans la rivière. Mais… cela n’est-il pas sensé arriver que lorsqu’on tombe amoureux de quelqu’un?

Kondo : - Tiens, reprend ton dessin. J’ai eu ce que je voulais.

Aya : - hein?

Il reparti vers le collège en me saluant par derrière.

Kondo : - On se reverra Amako!

Pff tu parles me disais-je, mais… Comment savait-il mon nom?! Je n’avais rien dit!

                                                                                                                              Fin du chapitre 01

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Child of the Rain: Chapitre 02

Chapitre 2 : Le début de la fin…

Le lendemain matin, je me levai en retard. J’avais passé la nuit éveillée, incapable de soutirer les images de la veille de ma tête. Pourtant, d’après tout ce que l’on m’avait dit sur ce Salome, j’aurais au moins pensé qu’il ne se serait pas gêné pour me frapper. Mais il n’en avait rien fait…  Dans tous les cas, il fallait quand même que j’aille en cours.

Une fois arrivée à l’école, je fis tout mon possible pour éviter de passer par les endroits que Salome avait l’habitude d’emprunter. Arrivée à mon casier, je vis une lettre collée à ma porte :

Hello Ayako ou Amako, je me rappelle plus. Retrouve-moi sous le saule près de la rivière, du côté nord. Ce soir après les cours. Je te conseille de venir sinon… tu sais ce qui pourrait t’arriver!

                                     Salome Kondo

Que devais-je faire?! Je ne voulais pas faire ma poule mouillée, mais d’un autre côté si je n’y allais pas, cela lui prouverait que je ne suis pas comme les autres filles de cet établissement. Mais en n’y allant pas, il allait peut-être croire que je voulais le fuir ou pire, que son baiser d’hier m’avait fait vraiment de l’effet et que je voulais l’éviter! Mais… ce baiser… me fait-il vraiment aucun effet? Non! Ce n’était pas le moment de penser à ce genre de chose! J’allais y aller et lui dire franchement que je ne resterai pas et que j’étais juste venu lui dire pour qu’il ne m’attende pas pour rien.

Quand la journée se termina, j’eu comme l’estomac qui s’étranglait tout seul. J’avais tellement le trac que j’en titubais… Je cherchai le saule sur la rive nord, mais n’arrivai pas à le trouver. J’avais beau regarder, je ne voyais aucun saule. J’entendis soudain une voix venant de l’autre rive. Je tournai la tête et aperçu Kondo-kun de l’autre côté de la rivière. Il me faisait des signes de la main.

Kondo : - Hahaha! Je pensais qu’il était sur la rive nord mais en fait il est sur la sud! Allez qu’est-ce que t’attends?! Traverse!

Mais il était fou lui! Comme si j’allais vraiment traverser la rivière juste pour son bon plaisir!

Aya :- Tu es fou si tu crois que je vais traverser cette rivière! Je fais le tour!

Kondo : - Non! J’ai pas envie d’attendre! Traverse ou c’est moi qui te fais venir ici!

Aya : - Pff! Comme si tu traverserais juste pour m’obliger à… !!!

Je n’avais même pas fini ma phrase qu’il était déjà les deux pieds dans l’eau. J’avais beau lui faire tous les signes possibles et imaginables, lui crier que c’était dangereux, mais rien à faire! Il avançait sans se soucier de ce que je lui disais. Il arriva de mon côté et sans que je ne puisse dire quoi que ce soit, il m’empoigna par la taille et me mit sur son dos comme un vulgaire sac de patates. Je tentai de crier, mais sans succès. Il retourna dans l’eau. J’essayais de le faire retourner mais une fois au milieu, autant juste aller de l’autre côté. Mais il trébucha et je me retrouvai dans l’eau moi aussi. Je sortis la tête et respira un grand coup. Je me retournai pour l’engueuler, mais il poussa ma tête sous l’eau d’un seul coup! Lorsque je pus enfin retourner à la surface, j’allais lui crier toutes les insultes du monde, mais vis qu’il flottait sur le ventre. Paniquée, je le pris par le chandail et le trainais avec peine jusqu’à la rive. Je l’étendis sur le dos et lui fis du bouche à bouche. Étrangement, lorsque je sentis mes lèvres toucher les siennes, je me sentis rougir et me mis à avoir vraiment très chaud! Enfin! Il revint à lui! Il recracha l’eau qu’il avait avalée et se recroquevilla sur le côté. Soulagée et sous l’effet du stresse, je soupirai et me laissai tomber assise. Quelques larmes se mirent à couler pour finalement devenir de vrais pleures. Je posai ma main sur son épaule et il se retourna en me regardant d’un air en colère, mais lorsqu’il vit que je pleurais, il devint aussitôt très doux.

Aya : - Je… J’ai cru que tu… que… *pleure*

Kondo : - Il y avait un tronc d’arbre qui arrivait sur toi, c’est pour ça que je t’ai replongée sous l’eau. Mais tout va bien maintenant, ok?

Aya : - hum hum… *signe oui de la tête*

Il me prit doucement dans ses bras, et me caressa la tête. Soudain, je me rendis compte de la situation! Salome Kondo-kun me prenait dans ses bras! Comment était-ce arrivé? Je me libérai de son étreinte et le regardai d’un air scandalisé. Il ne semblait pas surprit de ma réaction. Il tourna légèrement la tête en riant.

Kondo : - Je me demandais bien quand tu allais t’en rendre compte. Tu m’en dois une là.

Aya : - Comment?! De quoi?! C’est de ta faute si on est allé dans l’eau et si t’es incapable de marcher droit! Et puis d’abord, je t’ai aussi sauvé je te rappelle!

Kondo : - Pff… Avoue donc que ça t’as bien plu d’avoir la chance de poser tes lèvres sur les miennes.

Aya : - Qu…Quoi?! Dans tes rêves! Je rentre chez moi!

Kondo : - Quoi? Pourquoi? Je ne t’Ai pas encore dit ce pourquoi je t’ai fait venir. Tu ne peux pas encore partir.

Aya : - Tss! Essaie de m’en empêcher, lui dis-je en lui jetant un regard rempli de petits éclairs flamboyants, Je rentre tant pis pour toi! En plus je suis trempée! *soupir*

Je me retournai et commençai à marcher vers ma maison, mais senti une main chaude et aussi très forte serrer mon poignet avec ardeur.

Kondo : - Je t’ai dit d’attendre.

Il avait un regard totalement différent de celui que je venais juste de lui voir. Celui là était plein de sérieux et, je dois bien l’admettre, me faisait peur. Mais je ne devais pas le laisser paraître. Je pris à mon tour son poignet et le regardai déterminée.

Aya : - Lâche-moi. Comprit?

Kondo : - Hahaha! Tu penses que tu es de taille contre moi?! Laisse-moi te faire comprendre une petite chose…

Il enleva ma main sans aucune difficulté, me tordit l’autre afin que je ne résiste pas, me prit par l’épaule avec son autre main et me plaqua contre le tronc du saule assez fort pour que je me sente étourdie. Il approcha son visage du mien et me chuchota à l’oreille :

Kondo : - Écoute-moi bien, d’accord, ici, c’est moi qui décide de ce que tu fais ou pas. Si je te dis de rester tu restes, comprit? Si tu veux essayer de faire ta rebelle, j’oublierai que tu es une fille et te remettrai à ta place comme tous les autres. Pigé?!

Aya : - Kkkkk…

Kondo : - Je répète ma question une dernière fois : Est-ce que je me suis bien fait comprendre?!

Aya : - …o…ou…

Il me prit et me retourna d’un coup sec. Je levai la tête et le regardai les yeux pleins de haine et de reproches. Puis lui répondis ce qu’il voulait entendre… Il était bien plus fort que moi et je savais qu’il était capable de me frapper même si j’étais une fille.

Aya : - … oui… J’ai compris…

Il relâcha son étreinte le sourire aux lèvres.

Kondo : - Je savais que tu entendrais raiso…

Mais je le coupai.

Aya : - Mais…

Il se retourna d’un coup.

Kondo : - Quoi mais?! Il n’y a pas de mais!

Aya : -  Je ne me laisserai pas dicter ce que je dois faire ou pas. Si tu veux contrôler les autres très bien, mais je ne me laisserai pas avoir comme tous ces idiots qui ont peur de toi. Tu veux me frapper, vas-y, je m’en fou, ça guéri des blessures physiques, mais être enfermer dans un code de conduite ça ça me rend folle.

Je m’attendais à ce qu’il s’énerve, qu’il cri, me pousse encore contre l’arbre ou quelque chose, mais non. Il ne cessait de me regarder. Soudain, j’eu juste le temps de voir sa main partir puis me retrouvai à terre. Il m’avait giflé, mais si fort que j’en étais tombée. La tête me tournait et j’avais du mal à voir correctement. Je n’arrivais plus à me lever, mes forces semblaient comme évanouies. Je tentais de respirer tant bien que mal, affalée au sol. Il s’approcha de moi et, du haut de sa féroce carrure, me parla sur un ton tout ce qu’il y a de plus ordinaire, comme s’il ne s’était rien passé.

Kondo : - Tu te la joues mais tu n’as jamais eu vraiment mal. Je vais te montrer ce que c’est. Je ne suis pas un héro de manga, je n’ai aucune pudeur à frapper une fille. Pour moi vous êtes tous pareil. Alors, pourquoi tu ne me redis pas un peu ce que tu viens de me dire?

J’ouvrai la bouche et essayai de parler, mais rien ne sortait. C’était vrai ce qu’il disait, je n’avais jamais été battue et n’avais jamais eu vraiment mal. Mais malgré la douleur, je voulais quand même lui dire qu’il pouvait aller se faire foutre, mais pas un mot ne sortait de ma bouche. Il m’avait bien sonnée. Je tentai une dernière fois de lui lancer une réplique, mais rien à faire. J’abandonnai et restai couchée sur le sol humide, les yeux clos et les dents serrées.

À ma grande surprise, il s’accroupi au dessus de moi et me flatta le dessus de la tête. J’eu un frisson énorme lorsque sa main chaude me toucha. Un mélange de peur et de soulagement. J’étais heureuse qu’il semble si gentil envers moi, mais ne pouvais m’empêcher d’avoir peur de cette main qui venait de me frapper si fort.

Kondo : - Laaaa… laaaaa… Si tu fais ce que je te dis, je n’aurai plus à te faire si mal, d’accord?

Je ne dis rien. Il me prit dans ses bras et m’accota contre le saule. Je tremblais tellement que j’avais l’estomac qui me faisait mal. J’avais froid à cause de mes vêtements mouillés et je ne pouvais m’empêcher de pleurer à chaudes larmes sans pouvoir le regarder dans les yeux. J’avais peur, il fallait bien l’admettre… Je ne voulais pas qu’il me frappe encore. Il caressa la joue qu’il avait frappée tendrement. Je commençais à m’habituer à ses soudains changements d’humeurs et de personnalités, mais ça restait vraiment anodin.

Kondo : - Doux, doux. Je ne te frapperai plus d’accord, alors ne pleure plus.

Il me serra dans ses bras si tendrement que je me demandai pendant un instant s’il s’agissait bien du Kondo-kun dont tout le monde parlait. Mais j’étais si bien dans ces bras chauds… J’allais m’endormir lorsqu’il prit la parole.

Kondo : - Bon, maintenant que tu es enfin raisonnée, à partir d’aujourd’hui je te nomme officiellement animal de compagnie du OBC et de moi-même.

Aya : - O… OBC?! C’est quoi ça?! Obligatoirement Bizarres du Cerveau?! Je ne suis pas un…

Mais vu son regard, je préférai ne rien dire…

Kondo : - C’est le nom qu’on nous donne idiote! Ne me dis pas que tu ne connais pas!

Aya : - Bah non! Ça ne m’intéresse pas vos petites histoires de Mr. Riche!

Kondo : - Je te trouve bien insolente! Un animal de compagnie ne répond pas à son maître!

Aya : - Mais… je ne suis pas un animal de compagnie! Tu n’as pas le droit!

Kondo : - Tu veux parier… ¬_¬’

Aya : - Je sais déjà que je vais perdre…

Kondo-kun : - Bien! Alors, demain tu nous rejoins ici pour le dîner.

Aya : - Ah! Je ne peux pas le midi! J’ai des choses à faire et…

Encore une fois, vu son regard, je ne dis rien de plus et acquiesçais gentiment.   

                                                                                                                                 Fin du chapitre 2

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Child of the Rain: Chapitre 03

Chapitre 3 : Animal de compagnie!

Le lendemain matin, en entrant dans l’école, tout le monde me regardaient. Mais c’était normal, après tout j’avais un bleu énorme sur le visage… -_-‘ Enfin, j’allais devoir faire avec. En allant à mon casier, je vis un gars accoté contre celui-ci. Il était vraiment magnifique et me regardais d’un air compatissant. Je m’approchai et lui demandai de me laisser ouvrir mon casier, mais il me sourit narquoisement et ne se poussa pas.

Gars : - Tu ne me reconnais pas?

Aya : - Oui, tu es le gars qui m’empêche d’ouvrir mon casier. ¬¬

Gars : - Très drôle! Hahaha! Mais ce n’est pas satisfaisant comme réponse. Ne me dit pas que tu ne connais pas l’OBC!

Aya : - Ah… Tu es un des clowns qui se tiennent avec Kondo-kun… Qu’est-ce que tu me veux?

Gars : - !? *pouffe de rire* Kondo-kun m’avait bien dit que tu avais tout un caractère, mais même après la claque qu’il t’a mis hier, ça m’étonnes que tu sois encore aussi sauvage! Enfin, peut-être que tu ne te souviens juste pas de quel effet ça fait…

Il me souriait soudainement vraiment sournoisement et il caressa ma marque au visage. Ça restait sensible, après tout ça ne datait que d’hier, et je sursautai donc en poussant sa main vivement. Toujours en gardant son sourire bien encré dans son visage de fille, il m’embrassa sur l’autre joue.

Gars : - Je pari que c’est bien plus agréable que l’affection de Kondo-kun, pas vrai? Haha! Puisque tu ne sembles pas connaître notre club, je vais te faire l’honneur de me présenter. Je m’appelle Hitashi Ryouga-senpai.

Aya : - Je suis Aya Amako.

Ryouga-senpai : - Je sais… qu’est-ce que tu crois? Je connais au moins le nom de notre animal de compagnie voyons! ^^ Alors on se voit sur l’heure de dîner!

Aya : - Euh… Hey! Je ne suis pas votre animal de compagnie! Tu m’entends! Hey!!

Mais il était déjà parti en m’envoyant des signes de la main. Je me retournai, mais m’arrêtai net dans mon élan en découvrant tous les regards tournés vers moi. Tous semblaient sous le choc. Comme si je venais de parler à un acteur célèbre. Je leur souris comme pour prendre une photo et marchai jusqu’à ma classe. Quand l’heure du dîner arriva, je me sentais exactement comme lors du rendez-vous avec Kondo-kun. Je me demandai encore une fois si j’y allais ou pas. Cette fois je décidai que non. Je leur avais déjà fait plus de faveur que prévu en allant voir Kondo-kun la dernière fois et ça avait été un vrai désastre. De toute façon, j’avais des choses plus importantes à faire. Je me dirigeai vers l’amphithéâtre.

Pendant ce temps près du saule sur le côté SUD de la rivière :

Kondo-kun : - Qu’est-ce qu’elle fait?! Je lui avais pourtant dit à l’heure du dîner!

Ryouga-senpai : - De la façon dont je l’ai perçu quand je l’ai vu ce matin, elle n’avait pas l’intention de venir.

Kondo-kun : - Tu lui as parlé ce matin?! Sans mon accord?!

Ryouga-senpai : - Voyons Kondo-kun, elle n’appartient pas qu’à toi! ^^ Nous aussi on a le droit de lui parler à notre toutou! Héhé!

Membre 3 : - Oui c’est vrai Kondo-kun. Tu l’as dit toi-même, c’est l’animal du club, pas le tient uniquement.

Kondo-kun : - Pff… Ça reste que c’est moi le chef et c’est moi qui décide! ¬¬ De toute façon, si elle ne vient pas, je vous jure que le toutou va se ramasser toute une correction!

Membre 4 : - Tu devrais y aller doucement tu sais, elle m’a l’air plutôt fragile. Tu pourrais lui casser quelque chose.

Kondo-kun : - Elle n’aura que ce qu’elle mérite! C’est à elle de faire ce qu’on lui demande!

Membre 5 : - Oui, mais faut pas oublier que ce n’est pas un vrai animal. Elle a quand même certaines responsabilités. Surtout si elle est, comme on le dit, pauvre. C’est grâce à une bourse qu’elle est ici, non?

Membre 3 : - Ouais c’est ce que j’ai entendu dire moi aussi.

Les membres continuent de parler et Kondo-kun pense à voix haute, le regard dans le vide.

Kondo-kun : - Alors c’est de là que vient son sale caractère…

Après le dîner :

J’avais stressé tout le long de la pause de dîner, mais finalement rien est arrivé jusqu’ici. Peut-être m’avaient-ils oubliée! ^^ Je tournai le coin et fonçai droit dans quelqu’un. Je me relevai et m’excusai, mais reconnu Kondo-kun. Effarée, je me retournai, prête à courir, mais il m’attrapa par le collet et me tira jusqu’à la court extérieure. J’essayai de me retenir de le supplier de me pardonner à moitié en blaguant, mais après tout, j’avais fait mon choix en connaissant les conséquences. Je devais les accepter…

Il s’arrêta net au beau milieu de la cours et me lâcha. Je tombai assise sur le plancher de dalles et le regardai du haut de mes trois pommes. Comparée à lui je n’étais qu’un moustique. Que pouvais-je faire face à lui? À part supporter ses excès de colère. J’ignore encore comment j’ai pu mettre dans un tel pétrin! Depuis quand devais-je lui obéir au doigt et à l’œil?! N’étais-je pas juste une simple boursière qui tente de se diriger tant bien que mal vers la meilleure porte de sortie? Il semblerait que ce n’était plus le cas.

Enfin bref, je m’attendais au pire cette fois. Je n’espérais plus de gentillesse de sa part maintenant. Il s’approcha et s’accroupi devant moi. Il abaissa ses yeux et me regarda droit dans les miens. Bizarrement, en voyant ce regard, sans que je ne puisse le qualifier, je n’eu plus peur qu’il ne me frappe. J’eu comme le pressentiment qu’il n’allait rien faire.

Kondo-kun : - Tu n’es pas venue. Pourquoi?

Aya : - Ha! Euh… Parce qu’il fallait que je fasse quelque chose! Je devais le faire absolument ce midi!

Kondo-kun : - Je m’en fou. Je t’avais dit de venir. Tu sais ce qui arrive quand on ne m’écoute pas.

Aya : - … Je m’excuse… *garde les yeux bas* Je ne veux pas être votre animal de compagnie! Je ne suis pas un chien moi! J’ai des choses que je dois faire sinon je ne pourrai pas rester ici!

Kondo-kun : - Comment ça tu ne pourras pas rester ici? Pourquoi tu ne pourrais pas?

Aya : - Parce que… Je suis ici grâce à une bourse… si je n’ai pas les notes qu’il faut je ne pourrai pas avoir la prochaine bourse et je devrai partir… Les notes et… certaines autres conditions…

Kondo-kun : - Ahhh… Donc c’est une question d’argent… Arf… c’est pour ça que je ne vous aime pas vous les pauvres! Vous ne pouvez jamais rien faire d’intéressant toujours à cause de l’argent!

Aya : - Tu parles! Qu’est-ce que tu crois! On n’a pas des jets privés ou des maisons aux quatre coins du monde nous! Il faut de l’argent pour pouvoir faire le genre de choses que vous aimez faire!

Kondo-kun : - Bon, si ce n’est qu’une question d’argent, je te propose un marché. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais tu me donnes tellement de mal! À force de te courir après je vais finir par manquer tous mes cours.

Aya : - Tu manques déjà tes cours à ce qu’on m’a dit… ¬¬’

Kondo-kun : - Alors je te propose ceci. Si tu ne fais plus de chichis et que tu deviens gentiment notre animal de compagnie, je te promets de te payer ton entrée ici ainsi que ton matériel! D’accord!

Aya : - AH…Ah ah… mais… c’est sensé être un marché équitable ça? =_= Bon… j’imagine que je n’aurai pas mieux… J’accepte ton marché, mais comment je peux être sûre que tu ne vas pas me laisser tomber au dernier moment?

Kondo-kun : - Je n’ai qu’une parole et je te donne aussi celle du club au complet si ça peut te rassurer. Tu sais qu’il y a des centaines d’étudiants dans cette école qui se jetteraient à mes pieds pour être notre animal de compagnie?

Aya : - Et bien pas moi! J’ai autre chose à faire! Mais… si ça peut m’éviter d’avoir à compter sur les bourses… je veux bien le faire.

Kondo-kun : - Parfait! Alors maintenant, tu viens avec nous! On va chez moi prendre un verre.

Aya : - Quoi?! Mais les cours?!

Kondo-kun : - On s’en fou de ces cours stupides! C’est bien trop ennuyant. Allez! Les autres nous attendent. Ils ont hâte de voir leur nouveau chien! ^^

Aya : - Pff, tu parles… ¬¬’

Une fois arrivés devant chez Kondo-kun, je n’en croyais pas mes yeux! Cette maison était tout simplement immense! La décrire prendrait trop de temps, mais il suffit d’imaginer la plus belle maison du monde et de le multiplier par 1000 et on est proche du compte! Kondo-kun me conduisit à une petite pièce où il me fit entrer.

Aya : - Qu’est-ce qu’on fait ici? On dirait une salle d’essayage. O_O

Kondo-kun : - C’est ça. Je te présente notre styliste personnelle.

Une dame apparue derrière Kondo-kun. Habillée comme une coiffeuse de grands salons. Elle me salua et je fis de même.

Kondo-kun : - Tu vas faire ce qu’elle te dit et tu viendras nous voir lorsque tu seras prête.

Aya : - Prête? Mais prête pour quoi? Qu’est-ce que c’est que tout ça?!

Kondo-kun : - Tais-toi! C’est toute une chance que je t’offre! Maintenant, suis les conseille que Miyabi va te donner. Comprit!

Aya : - !! O…Oui!

Jamais de toute ma vie, je n’avais été aussi pomponnée. Miyabi la styliste faisait vraiment bien son travail! Lorsque je sortis enfin de là, j’essayai de trouver la pièce où Kondo-kun et ses amis pouvaient bien être. Il y avait tant de pièces, de chambres, de salons! J’aurais pu chercher aussi longtemps que je voulais, je ne pense pas que j’aurais pu trouver avant l’année prochaine…

Je décidai d’entrer au hasard dans une pièce et entendis de la musique, je l’avoue très entraînante. J’ouvris la porte et vis un garçon avec des cheveux plus blonds et plus brillants que le soleil lui-même! Il dansait devant un mur entier rempli de miroirs.

Je m’accotai dans un coin et l’observai danser. Il avait tellement de grâce que j’en avais des frissons rien qu’à le regarder. Ses mouvements étaient emplis d’une élégance et d’un maintient parfait. C’était comme voir un ange enchainer des mouvements sur une musique fascinante.

J’aurais pu rester là des heures durant, complètement en ébat, mais lors d’un mouvement circulaire, il me vit et s’arrêta aussitôt. Il se dirigea vers moi l’air hors de lui. Je reculai brandissant les mains devant moi un sourire incertain collé au visage.

Aya : - A…Attend! Hum… je me suis perdue… je suis désolée si je t’ai dérangé!

Je fermai les yeux si fort que j’en avais mal au front. Je sentis alors des doigts froids me toucher les cheveux. J’ouvris les yeux et vis le garçon blond en train de refaire ma coiffure.

Garçon : - Miyabi! Elle a oublié de te mettre une barrette ici! Bon sang!

Je le regardai béate. Je n’en revenais pas! Moi qui croyais l’avoir dérangé pendant sa pratique! Décidément ces gars là avaient vraiment une façon étrange de voir le monde.

Aya : - Hum… Excuse moi mais…

Garçon : - Ah oui c’est vrai que tu ne nous as pas encore tous rencontrés. Je m’appelle Shinichin Miyabi. Mais appelle moi Shinichi-kun, Miyabi c’est ma sœur. La styliste que tu as vu tout à l’heure c’est elle. ^^

Aya : - Ah… o__O Vraiment? Elle est vraiment douée.

Shinichi-kun : - Vient on va aller retrouver les autres. Ils t’attendent avec impatience. Je pense que tu connais déjà Ryouga-senpai non ?

Aya : - Euh… oui en effet. Il est… assez spécial…

Shinichi-kun : - Hahaha! On l’est tous! Kondo-kun encore plus! Mais ça tu t’en es surement aperçu!

Aya : - ha haha… ¬¬ En effet…

On arriva à une grande pièce en baie vitrée. Il y avait des plantes et une rivière qui coulait et faisait littéralement le tour de la pièce. J’étais complètement ébahit. Je regardais partout comme si je n’avais jamais vu de plantes de ma vie. L’ambiance y était tellement fraiche et douce. La bruine agréable des tropiques planait au dessus de ma tête et je tendais le bras pour toucher à une grappe de fleurs qui pendait. J’allais y arriver lorsqu’une main chaude cette fois vint attraper la mienne et je sentis le souffle de quelqu’un doucement m’insuffler à l’oreille.

Kondo-kun : - Qu’est-ce que tu fais? Ce genre de fleur n’est pas pour les pauvres comme toi.

Je sursautai et me retournai d’un seul coup. Je le regardai surprise et gênée. Après tout je n’étais pas habillée ni coiffée comme d’habitude. Étrangement, son regard changea lorsqu’il me vit de face. Il rougit et mit sa main devant sa bouche. C’était bizarre de le voir avec cette expression désemparée. Un des gars assis à la table plus loin lui fit signe de la main en criant son nom. Kondo-kun leva alors la tête et me poussa vers eux. J’arrivai devant la table où tout le monde étaient assis. Le garçon aux cheveux blonds, Shinichi-kun, y était déjà. Je baissai la tête en le voyant et ne pu m’empêcher de rougir. Il avait un visage d’ange et son sourire me faisait littéralement fondre. Kondo-kun me donna alors une bonne tape dans le dos et je faillis m’étouffer. En riant il dit la tête haute et fier.

Kondo-kun : - Voilà, votre nouveau chien! Alors, vous la trouvée comment?

Ryouga-senpai : - Et bien, comme je te l’ai déjà dit, elle a tout un caractère, faudra pas lui laisser trop de liberté. Sinon on risque de se la faire piquer. 

Aya : - Hey… Je suis juste ici tu sais. ¬¬’

Shinichi-kun : - Et bien, elle est plutôt curieuse aussi, devinez où je viens juste de la surprendre. Elle m’observait avec admiration dans la salle de danse. Les étoiles plein les yeux! Ha ha ha ha!

Aya : - Hey! J’avais pas tant d’étoiles que ça!! Je… j’aime juste la musi… huh…

Je m’arrêtai en sentant comme un regard foudroyant dans mon dos. Je me retournai lentement le sourire à moitié accroché à mes lèvres. Kondo-kun me regardait avec des éclairs dans les yeux. Il me faisait vraiment peur cette fois. J’avais l’impression que son aura venait de devenir plus noire que de l’encre.

Aya : - Je… euh… J’étais un peu perdue… j… j’ai pas fait exprès je l’ai juste vu et je voulais lui demander où aller… hum… Soit… Soit pas fâché s’il te plaiiiit!!!

Je m’inclinai devant lui les mains jointes en prière. J’attendais une parole, un mouvement, mais comme rien ne se passait je levai doucement la tête pour voir son expression. Il avait à nouveau la main devant sa bouche mais cette fois, il se mit à rire de vive voix et tous les autres aussi. Je les regardai tous un à la suite de l’autre sans trop comprendre.

Membre 4 : - Kondo-kun! Tu en as vraiment choisi une bonne cette fois! XD Je l’aime déjà!

Kondo-kun : - Bien évidemment, tu me prends pour qui Olivier.

Je levai alors la tête en entendant ce nom.

Aya : - Ah! Tu es étranger?

Olivier-sama : - J’ai toujours habité au Japon, mais ma famille est irlandaise. ^^ Je me présente, Olivier Fraser. Mon frère devrait arriver bientôt, il est en retard comme toujours.

Aya : - Olivier-sama! C’est un très beau nom! Ça fait un peu rebelle mais aussi très classe à la fois!

J’eus à peine le temps de finir ma phrase, j’avais encore le doigt lever dans les airs, qu’il se leva et approcha ses lèvres de mon oreille. Il passa doucement sa langue sur le rebord de celle-ci. J’eus tellement de frissons que je devins aussi rouge que la tasse écarlate sur la table. J’arrêtai de respirer et le poussai d’un coup sec. Je reculai mais cognai contre Kondo-kun. Il m’attrapa par les épaules.

Kondo-kun : - Olivier-sama, je sais qu’on a plein droit dessus, mais essaie quand même de ne pas trop la traumatiser avant qu’elle ne comprenne vraiment comment ça marche. Tu veux bien.

Olivier-sama : - Bah, c’est elle qui a dit que je faisais rebelle, je voulais juste lui montrer qu’elle avait raison. ;)

Il se leva et s’approcha de moi. Je reculai autant que je le pouvais puisque Kondo-kun était juste derrière moi. Il se pencha et me sourit.

Olivier-sama : - Je suis désolé princesse, si je t’ai fait peur. Tu veux bien me pardonner? ^^

J’étais effrayée à l’idée qu’il ne retente quelque chose mais lorsqu’il me sourit de la sorte, je ne pu m’empêcher de me détendre complètement. Je lui souris à mon tour et pris un air malicieux. Je lui touchai les lèvres avec mon index et approchai mon visage du sien.

Aya : - Ne t’en fais pas, tu m’as juste surprise je ne m’attendais pas à ce que tu sois si imprévisible c’est tout. Ce n’est pas ça qui va me faire peur.

Olivier-sama : - Ah! Enfin une intrépide! Décidément tu as eu du bol cette fois Kondo-kun. Celle là va nous donner du fils à retordre! J’ai hâte de voir ça!

Kondo-kun : - Amako, va donc visiter un peu le jardin par là-bas. Tu avais l’air d’aimer les fleurs tout à l’heure.

Aya : - Ah, je peux vraiment?

Kondo-kun : - Oui, trouves-moi celle que tu trouves la plus belle et apportes-la moi.

Aya : - D’accord!

J’étais tellement contente de pouvoir courir parmi de si belles fleurs! J’étais aux anges. Je me retournai pour voir ce que les garçons faisaient mais ils avaient disparus. Je ne m’en plaignais pas. J’étais bien mieux toute seule dans cette grande serre. Je me promenai et voyais des tonnes de fleurs magnifiques. Mais aucune qui ne me donne le goût de l’amener à Kondo-kun. Je continuai donc de marcher en regardant à gauche et à droite et remarquai quelques feuilles qui bougeaient. Je m’approchai doucement et me mis à genou. J’envoyai la main et juste avant que je ne touche la première feuille, un énorme tigre sorti des broussailles et me sauta dessus.

Au début, je cru que mon heure était venue, mais en même temps j’étais tellement excitée de voir un tel animal si proche de moi! Mais à peine avais-je touché le sol qu’il se mit à me lécher le visage avec sa langue rugueuse en ronronnant. Je compris tout de suite qu’il était apprivoisé et il devait appartenir à quelqu’un de la maison. Je le poussai avec difficulté en riant, ce qu’il pouvait être lourd! XD

Il fini par s’asseoir à côté de moi et me regardait avec ses yeux d’ambre. Il était tellement beau et grand. J’avais toujours rêvé de pouvoir un jour m’approcher d’un animal pareil. Mais il n’y avait nulle part qui aurait accepté de me laisser toucher des félins de cette envergure. Je le regardai, assise là devant lui. J’envoyai la main pour le caresser au visage. Il se laissa complètement faire. J’étais surprise de la confiance qu’il me portait. Je passai alors tout mon temps à jouer avec lui et cherchai la fleur pour Kondo-kun en même temps.

Je fini par la trouver, en haut d’un arbre gigantesque. J’imaginais que cet arbre devait être rempli de fleur d’ordinaire, mais il était surement en période de fructification puisqu’il ne restait que deux fleurs et elles se trouvaient complètement en haut de celui-ci. Je décidai donc de grimper pour aller les chercher. Ma robe étant déjà courte, j’arrivai facilement à monter de branche en branche. Mes doigts touchaient enfin les pétales après une montée plutôt ardue je dois l’admettre. Je cueilli la première et envoyai la main afin de prendre la deuxième, mais la branche sous mes pieds se brisa. Je chutai d’environ deux mètres et tombai à plat dos sur le sol, heureusement, plutôt mou à cause des multiples petites racines. Je me relevai et entendis hurler à l’autre bout de la pièce. Je lever les yeux, la main contre mes côtes, et vis Olivier-sama courir dans ma direction, l’air paniqué.

Je me levai alors mais eus vite fais de retomber. J’avais du mal à tenir sur mes jambes et je me sentais un peu étourdie, mes bras et mes jambes brûlaient à cause des éraflures dues aux branches et mon souffle était court à cause du choc que l’atterrissage avait provoqué, mais je me sentais relativement bien. J’avais eus bien plus peur que je n’avais eu mal.

Olivier-sama se jeta à genou et me toucha doucement un peu partout en me demandant si ça faisait mal.

Olivier-sama : - Oh mon dieu! Je t’ai vu tomber! Est-ce que ça va?! J’étais sur que tu devais être dans le coma!

Aya : - Euh… non non… je n’ai pas chuté de très haut de toute façon. Je suis juste un peu à bout de souffle et étourdie mais ça devrait revenir dans un petit mom…

Il avait approché son visage tellement proche du mien que je pouvais sentir sa respiration.

Aya : - Eum… que… Qu’est-ce que tu fais au juste…

Olivier-sama : - Tu as du mal à respirer? Tu veux que je t’aide?

Aya : - Eum… Non merci ça va aller. ^^’

Les autres arrivèrent alors derrière lui. Lorsque Kondo-kun me vit, il accouru comme l’éclair. Il poussa Olivier-sama et me prit dans ses bras. Je poussai un petit cri de douleur, après tout je devais avoir un millier de bleus un peu partout. Il stoppa net.

Kondo-kun : - Où tu as mal?! Dis-le-moi!

Aya : - Euh… un… un peu partout en fait, mais c’est rien… C’est normal mais c’est rien de grave.

Kondo-kun : - Rien de grave?! Qu’est-ce que tu racontes! Tu aurais pu te casser quelque chose! On va vérifier que tu n’as RÉELLEMENT rien!

Aya : - Quoi?! Qu’est-ce que tu veux dire par là?!

Il m’amena à l’entrée de la pièce, alors que tous les autres le suivaient, l’air inquiets eux aussi, il ferma la porte et hurla que personne ne devait les déranger et la bloqua. Je commençais à avoir un peu peur de ce qu’il avait l’intention de faire. Il revint, toujours en me portant dans ses bras, et me déposa sur la table qu’Olivier-sama avait prit soin de débarrasser. Kondo-kun commença alors à défaire la fermeture éclair de ma robe. Je me poussai alors d’un coup et sautai à terre, mais ne restai pas longtemps debout. Je faillis feindre tellement je me sentais étourdie. C’était peut-être un peu trop de pression pour le choc que je venais de prendre.

Shinichi-kun me rattrapa et me rassit sur la table. Pendant que je reprenais doucement mon souffle, Kondo-kun vint me regarder en face.

Kondo-kun : - Tu vas te tenir tranquille sinon tu va te faire encore plus mal. Je ne vais rien te faire je veux juste voir si tu as autre chose que des bleus, comprit?

Je fis oui de la tête, les larmes aux yeux. Je ne savais pas très bien pourquoi je pleurais mais en général, lorsque je me fais mal et que quelqu’un vient me soigner ou me consoler, je me sens tellement heureuse et bouleversée à la fois que les larmes coulent d’elles mêmes. Kondo-kun essuya mes yeux d’une main tendre et m’enleva ma robe par devant. J’avais la tête contre son torse… chaud… son chandail était doux… Ah! Mais qu’est-ce que j’étais en train de penser! Je ne devais pas sympathiser avec l’ennemi! Une fois la robe enlevée, je me retrouvais à moitié nue, uniquement mes sous-vêtements sur moi, devant 5 garçons que je connaissais à peine.

J’étais tellement gênée que je fermai les yeux et baissai la tête. Je les entendais parler mais ne voulais pas regarder.

Shinichi-kun : - Regardez-la comme elle est mignonne!

Il me prit le menton gentiment mais je ne voulais pas ouvrir les yeux alors il rit et me donna un baiser sur le front.

Kondo-kun me demanda de lever bras, ce que je fis. Il les palpa doucement et chaque fois qu’il touchait un endroit sensible, je me tendais. Il me demanda alors de lui dire si la douleur était intense. Il descendit le long de mes côtes, puis mes jambes, que des bleus. Il commença alors à palper mon dos. Lorsqu’il arriva vers le milieu de la colonne, je sentis comme un choc électrique parcourir tout mon corps et une chaleur intense provenant de la jonction entre les vertèbres. Je ne pus m’empêcher de pousser un cri et de m’éloigner sans toutefois quitter la table. Je compris alors que ce n’était pas que la chute qui avait provoqué ça, c’était quelque chose que je m’étais fait auparavant mais je refusais de le leur en faire part.

Kondo-kun : - C’était plus intense là je pense bien.

Aya : - Non! Non! Hum… je… je me suis mordu la langue en même temps c’est tout! Hahaha! C’est drôle hein! Quelle coïncidence!

Kondo-kun : - Aya, rapproche-toi.

Je me levai et m’éloignai doucement de la table.

Aya : - Ce n’est rien d’accord! C’est pas grave!

Kondo-kun : - Aya. Je ne vais pas le répéter. Revient ici. Ne t’arrange pas pour m’énerver maintenant. Je pense que tu ne comprends pas la situation là.

Aya : - Non! C’est toi qui ne comprends pas la situation! Je t’ai dit que ce n’était pas grave! OK! C’est rien du tout! Redonne-moi mes vêtements s’il te plaît!

Je ne savais plus quoi faire, je venais de lui crier dessus! Ce que je pouvais être stupide! Il s’approcha de moi doucement, le regard sérieux et sans la moindre compassion. Il avait ma robe dans sa main droite. Il me la tendit et je m’approchai pour la prendre, le regard dans le sien, suspicieuse. Juste au moment où j’attrapais les pants de tissus, il prit ma main et me tira vers lui d’un coup sec. Il lâcha la robe et me donna un coup juste là où j’avais eu mal dans le dos. J’étais contre lui les mains passant de chaque côté de son torse, figée, à moitié tremblante et crispée, je fini par doucement perdre connaissance et tombai dans ses bras.

                                                                                                        Fin du chapitre 3

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Child of the Rain: Chapitre 04

Chapitre 4 : Amadouement

Lorsque j’ouvris les yeux, je tournai la tête et vis Shinichi-kun à côté de moi, assit sur le lit. Il me caressa les cheveux en me souriant tristement.

Shinichi-kun : - Ça va aller? Kondo-kun y est peut-être allé un peu fort, mais je pense qu’il a quand même eut raison. Le médecin a dit que tu n’avais que de petites contusions, mais que c’était mieux si tu te reposais pendant une journée ou deux.

Je tournai la tête dans l’autre sens, honteuse. Je serrai les dents et senti ma température monter quelque peu. Shinichi-kun se pencha et m’embrassa dans le cou tendrement. Je fis alors volte face et le regardai l’air complètement désemparée. Il rit et caressa ma joue du flanc de sa main.

Shinichi-kun : - Ne t’en fais pas, c’est juste pour te consoler un peu. Si tu veux je peux dormir à côté de toi jusqu’à ce que Kondo-kun revienne. Héhé.

Je ne répondis pas, je ne savais pas quoi répondre de toutes façon. Je ne fis que me retourner pour ne pas le voir, mais surtout pour que lui ne puisse pas me voir. J’entendis alors Kondo-kun entrer dans la pièce.

Kondo-kun : - Shinichi-kun, laisse-nous seuls.

Shinichi-kun : - Bien, patron. Héhé.

Kondo-kun : - Et cesse de sourire comme ça on dirait un maniaque. ¬¬’

Lorsque la porte se referma je savais que j’allais écoper pour m’être conduite comme ça. Je continuai de ne pas le regarder, de peur qu’il n’ait encore ce même regard sérieux et sans émotion. Ce regard… Ce qu’il avait pu me faire mal rien qu’en me regardant de cette façon. Mon cœur semblait s’être arrêté lorsque je l’avais regardé dans les yeux. Je ne voulais revoir cela pour rien au monde!

Il resta debout près du lit.

Kondo-kun :- Amako, regarde-moi. Maintenant!

Aya : - Non… Je ne veux pas…

Kondo-kun : - Tu n’as rien retenu de tes leçons précédentes c’est ça. Tu en veux une autre peut-être?!

Aya : - Si tu veux, mais je ne te regarderai pas quand même. Je préfère me faire frapper que…

Kondo-kun : - Que quoi? Qu’est-ce que tu allais dire? Amako!

Il me prit l’épaule et me retourna de force. Je ne pus résister évidemment. Mais lorsqu’il vit que je pleurais, il lâcha tout de suite prise et recula.

Kondo-kun : - Pourquoi?! Pourquoi est-ce que chaque fois que je te vois pleurer je me sens mal! J’ai pourtant vu des centaines de filles pleurer! Et ça ne me faisait ni chaud ni froid! Mais toi c’est différent! Dès que je te trouve ces petits yeux brillant de larmes je…

En disant ça il s’était approché doucement. Il était à présent penché au dessus de moi. Je frissonnais. Ses lèvres étaient si proches des miennes, je me souvins alors du baiser qu’il m’avait donné la première fois que l’on s’était rencontré. Ce baiser qui m’avait fait si mal! Je sentais déjà mon ventre se serrer. Mes trippes voulaient sortir. Ma tête brûlait et mon corps tout entier tremblait.

Il passa alors sa main dans mes cheveux. Puis il descendit doucement sur mon visage, puis dans mon cou… Je ne pouvais plus le tolérer, mon cœur s’emballait tellement qu’il me faisait mal lui aussi! Bien que ça ait été une sensation relativement agréable, je n’étais pas en forme pour ça.

Aya : - A… Arrête… s’il te plait… tu me fais mal…

Kondo-kun : - Ah c’est vrai. J’oubliais que je n’ai pas besoin d’être violent avec toi pour te faire souffrir, et ce, même physiquement.

Il déposa alors ses lèvres contre les miennes, doucement… Tellement doucement… Elles étaient tellement douces, tellement chaudes…

Kondo-kun : - Et ça, ça te fait mal?

Il avait raison, mon corps en entier crier à l’aide mais en redemandait pourtant, j’avais l’impression que j’allais exploser d’un moment à l’autre. Mais j’aurais tout donné pour qu’il recommence.

Aya : - je… Je…

Kondo-kun : - Ne dis rien, je sais ce que tu penses. C’est assez pour aujourd’hui. Tu dois te reposer. Olivier-sama tenait absolument à rester à ton chevet. Si tu voulais de la compagnie je peux lui dire de rentrer.

Je ne dis rien, je réfléchissais. Il allait franchir le pas de la porte et je m’en rendis alors compte.

Aya : - Kondo-kun!

Il s’arrêta et se tourna.

Kondo-kun : - Oui? Quoi?

Aya : - hum… me… merci…

Je ne voyais pas très bien à cause de la lumière de l’entrebâillure de la porte, mais je cru voir son regard s’agrandir, comme s’il était surprit. Il ne dit pas un mot et sorti de la pièce. Olivier-sama entra alors l’air désolé et vint s’asseoir sur le lit lui aussi.

Olivier-sama : - Je suis vraiment désolé… c’est ma faute ce qui est arrivé.

Aya : - Quoi? Mais en quoi ce serait ta faute au juste? C’est moi qui suis monté de mon plein gré il me semble. Et je suis tombée toute seule. ^^ Ne t’en fait pas. Tu n’as pas à te…

Olivier-sama : - Non! C’est de ma faute j’ai oublié de te parler de Blitz.

Aya : - Blitz? Le tigre? Mais il n’a rien à voir avec ça.

Olivier-sama : - En fait… Si… c’est surement lui qui a sauté sur la branche et l’a faite briser. Il joue beaucoup dans les arbres, mais il vient d’atteindre sa taille adulte alors il a encore du mal à évaluer la solidité des branche. Si je t’avais prévenue tu aurais pu faire plus attention…

Aya : - Euh… -___-‘ D’accord si tu le vois de cette façon… J’avoue que si j’avais su, je n’aurais surement pas monté dans l’arbre avec lui dans les parages. Mais bon, ce qui est fait est fait. ^^ Ne t’inquiète pas, j’ai juste des bleus, ça va partir d’ici quelques jours. ;)

Il me regarda alors avec les larmes aux yeux et me sauta dessus en me serrant dans ses bras. Je lui criai de me lâcher, qu’il me faisait mal, mais je ne pouvais m’empêcher de rire en même temps tellement cette situation était surprenante. Il se releva et prit un air un peu plus sérieux.

Olivier-sama : - Mais au fait, pourquoi est-ce que tu es montée aussi haut dans cet arbre? C’était dangereux même sans le Blitz.

Aya : - Ah… Et bien c’était pour atteindre les… Ah!! Les fleurs! Qu’est-ce que j’en ai fait?!

Olivier-sama : - Quoi? Les fleurs? Celles que Kondo-kun voulait que tu ramè…

Mais je ne lui laissai pas finir sa phrase et sautai en bas du lit. J’avais les jambes un peu molles mais ça allait. Même raquée comme je l’étais, je n’avais qu’une chose en tête; retrouver la fleur pour Kondo-kun. Je courrai à travers les corridors sans trop savoir je m’en allais. J’espérais trouver la pièce avec les vitres et les plantes. Je fini par tourner un coin et la vis tout au fond du couloir. J’y couru, ouvris la porte et vis que Kondo-kun, Shinichi-kun et Ryouga-senpai étaient tous les trois assis à la table. Lorsqu’ils me virent arriver en fracas de la sorte, ils me regardèrent tous comme s’ils avaient un extraterrestre devant eux. Kondo-kun fut le premier à parler. Il déposa ta tasse avec colère et se leva d’un bon de sa chaise.

Kondo-kun : - Qu’est-ce que tu fais là comme ça?! Tu as courus ou quoi?! Tu es toute essoufflée!  

Je levai les mains, étant encore incapable de parler, je reprenais mon souffle.

Aya : - A… Attend…

Il s’arrêta le regard confus. Je couru en direction de l’arbre duquel j’étais tombée et me mis à genou pour ratisser l’endroit. Je regardai partout, sans succès. C’est lorsque je fus assise, désespérée, que je vis Blitz s’approcher de moi avec, dans sa gueule, la fleur blanche et jaune que j’avais cueilli! J’étais tellement surprise de le voir arriver comme ça  que je restai là à attendre qu’il vienne. Il s’arrêta devant moi, Kondo-kun, qui m’avait suivit regardait toute la scène sans dire un mot. Je tendis la main et Blitz déposa la fleur dans ma main. Je lui caressai la tête et les joues. Il fermait les yeux tellement il aimait ça, tout en ronronnant. Il vint se coller le haut de la tête contre le dessous de mon menton. Je ris et le serra dans mes bras.

Aya : - Merci. C’est grâce à toi si je l’ai retrouvée.

Je me levai ensuite et accouru vers Kondo-kun en lui tendant la fleur. Mais lorsque je la vis vraiment, je remarquai qu’elle était toute décrépie et qu’il manquait un pétale. Mon sourire s’effaça alors et je gardai mes mains et la fleur vers moi. Je baissai la tête et n’osais pas regarder Kondo-kun.

Aya : - Je… J’avais réussi à la cueillir… Elle était là-haut, tout en haut de l’arbre… Mais elle a dû se faire écraser… Je suis dé…

Kondo-kun : - Idiote! C’est pour ça que tu es montée dans cet arbre?! Pour une fleur?! Tu es folle qu’est-ce qui t’as prit?!

Aya : - Mais… Tu m’avais dit que tu voulais la plus belle!

Kondo-kun : - N’importe laquelle aurait fait l’affaire! Tu n’avais pas besoin de…

Aya : - NON! Tu m’as demandé LA plus belle! Toutes les autres n’en valaient pas la peine! Mais celle-là si! C’était LA plus belle de toutes! Alors… J’ai voulu te la ramener, mais… Là elle est fichue…

Je baissai la tête d’indignation. Mais il me releva du bout des doigts. Il avait déjà été doux avec moi, mais jamais autant. Son regard était tellement empli de tendresse et de tristesse à la fois. Il me prit la tête par derrière avec sa main et approcha son visage du mien. Il colla sa bouche contre mon oreille et chuchota doucement. 

Kondo-kun : - La plus belle de toutes ce n’est pas la fleur que tu tiens. C’est celle que moi je tiens. Merci, je la prends avec fierté.

Je ne savais que dire. Parlait-il de moi? Je ne pouvais me résoudre à croire ça. Je restai sans dire un mot et le regardai l’air complètement désorientée. Il se recula un peu et me sourit légèrement du coin de la bouche.

Kondo-kun : - Héhé. Je n’arrive pas à croire que tu sois réellement montée tout en haut d’un arbre pour me rapporter une fleur. C’est ridicule. Hahaha!

Aya : - Quoi?! Qu’est-ce qu’il y a de ridicule?!

Kondo-kun : - Tu ne vois pas? Ce n’était pas toi qui ne voulais rien avoir à faire avec moi? Et pourtant tu passe près de te casser la colonne juste pour me cueillir une fleur? Où est la logique là dedans. À moins qu’il y en ait et qu’en réalité tu sois follement amoureuse de moi. Ça expliquerait pourquoi tu t’es donnée tant de mal.

Il me regardait à présent avec le même regard narquois et amusé qu’à son habitude. Je repris donc le même que j’ai aussi à mon habitude; agacé et désespéré…

Aya : - Tu rêves là mon grand! Si tu penses une seule seconde que je suis amou…

Mais je n’eus, encore, je pense qu’il doit s’agir d’un amusement chez eux de couper les gens lorsqu’ils parlent, pas le temps de finir qu’il était de nouveau les lèvres tellement proches des miennes que je sentais mon cœur battre à vive allure. J’allais le repousser, mais il me tenait fermement par la taille. Il attrapa ma tête de son autre main et me calla contre le tronc de l’arbre. Il commença alors à baiser le cou goulument et avec passion. Comment pouvais-je résister? Je ne pus donc m’empêcher de pousser un léger gémissement et ce fus assez pour satisfaire l’appétit de Kondo-kun. Il me jeta alors un regard vainqueur et malicieux. Je tremblais légèrement et ne savais que dire. Il passa sa main dans mes cheveux et me lâcha. Je restai là sans bouger.

Kondo-kun : - Aller, viens, je te raccompagne à ta chambre. Tu dois te reposer maintenant. Cesse de courir dans tous les sens tu veux bien.

Aya : - O… Oui…

Il ricana et continua son chemin sans porter attention à la tête que je pouvais bien faire. Nous passâmes à côté des autres garçons et ils me saluèrent gentiment. Je leur fis signe de la tête.

Arrivés devant la porte de la chambre, Kondo-kun me laissa là et je me recouchai avec l’aide d’Olivier-sama. Il me borda et me caressa les cheveux jusqu’à ce que je m’endorme. J’étais tellement bien, mais quelque chose ne cessait de remuer dans ma tête sans que je ne sache de quoi il s’agissait vraiment. Enfin, je décidai de penser à cela plus tard et de profiter de la présence d’Olivier-sama.

                                                                                                         Fin du chapitre 4.

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07 avril 2009

What's Exactly Purity: Résumé du chapitre 01

Résumé:

Kiyoshi Izumi, une fille de notre âge environ, sort d’une rivière à moitié gelée. Elle est habillée comme à notre époque. En sortant elle voit un chemin qui semble mener à un village. Elle le suit et marche le long de la route principale, remarquant que personne n’est habillé normalement et se pose des questions. Elle arrive devant les portes d’un château et commence vraiment à douter de sa santé mentale, lol. Elle demande de l’information aux deux gardes qui sont postés là devant l’entrée, mais ceux-ci la regardent de haut et s’en prennent à elle. Mais une voix retentie derrière et leur ordonne d’arrêter. C’est le prince Yuan, il vit seul au château pour le moment, son père étant parti à la guerre (ou un autre truc je me rappelle plus XD) Il engueule les gardes et prend Kiyoshi par la main, l’amène à l’intérieur et lui donne à manger et un bain.

Après pour être honnête, je ne me rappelle plus trop trop ce qui se passe mais rien de vraiment important. La le chapitre 2 commence, Kiyoshi est partie se promener et visiter le château. Voilà. Dès que j’ai les feuilles à la maison, j’écris ça comme du monde XD.

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What's: Chapitre 02

What’s exactly purity?: Chapitre 2 : Que m’est-il arrivé?

Le lendemain, je me réveillai à l’aube et explorai le château dans le but de trouver la chambre de Yuan. Je dus me perdre un million de fois, mais ne m’en souciais guère. Ce château était tout simplement splendide! La plus grande partie des couloirs donnaient vue sur l’extérieur par de grandes vitres aux rebords gelés par la neige. Du côté Ouest, on pouvait observer le lac immense du domaine et les forêts environnantes qui le bordaient. Évidemment, on y voyait le couché du soleil aussi bien que si on était dehors. Quant au côté Est, on y savourait les douces couleurs froides des champs gelés et des montagnes enneigées. On y apercevait le levé du soleil cette fois.

Si j’eus remarqué ces détails, je ne m’aperçus malheureusement pas du temps que je passais à parcourir de gauche à droite l’immense demeure. Du fait, je me perdis totalement. Cette fois, je n’eus pas la chance de retrouver mon chemin. Il n’y avait plus de fenêtre, mais de sombres et froids couloirs. Je tournai un coin et me retrouvai nez à nez avec… devinez qui…le garde qui m’avait si chaleureusement accueilli à mon arrivée. J’eus le cœur battant pendant un moment, mais rassemblai tout mon courage et lui dit :

-        Pousse-toi! Tu vois pas que tu me gènes!?

-        Encore toi?! Tu as eu de la chance que sa majesté te soit venue en aide, mais ici, il n’y a personne.

-        Pff!! Je n’ai pas besoin de lui ni de personne d’ailleurs! Pousse-toi que je passe!

-        Insolente! Je vais t’apprendre à respecter plus fort que toi!

Il me prit par les épaules et me plaqua contre le mur. Il approcha sa tête de la mienne et je lui crachai en pleine figure. Dans un élan de colère, il me frappa le visage et je tombai, assommée.

Je ne restai pas très longtemps dans les vapes. J’ouvris les yeux et vis que nous étions dans une chambre sombre et qu’il m’avait attachée. Je tentai de me dénouer. Sans succès. Il était assit sur le lit et me regardait avec un regard emplit de haine.

-        Sais-tu ce que sa majesté a ordonné? Que l’on soit, mes amis et moi, renvoyés. À cause de toi.

-        Hey! C’est vous qui avez commencé! J’y suis pour rien moi!

-        Mon œil!! Je suis sûr que c’est toi qui as demandé à sa majesté de nous renvoyer!

-        Quoi?!!! C’est quoi ces âneries?! J’ai rien demandé du tout! J’en ai rien à battre de vous!

Il se leva et s’avança vers moi avec une planche de bois qu’il tapait frénétiquement dans sa main.

-        On va voir si tu n’en autant à « battre » que tu le dis!

Juste quand il allait me frapper avec la planche, la porte s’ouvrit avec un bruit sourd et Yuan apparu de l’autre côté.

-        Gardes! Arrêtez-moi cet homme!

Il vint et me détacha. Quant à moi, je gardai la tête basse de honte. Avec un sourire soulagé, il me demanda si j’allais bien, mais je ne lui répondis pas. Son visage changea et devint inquiet. Il me reposa la question, mais je n’ouvris toujours pas la bouche. Lorsqu’il eut fini de me détacher, je me levai et, ne lui laissant pas le temps de me retenir, partis à la course.

Je remontai les escaliers 4 à 4, passai les couloirs et les portes en courant. Je ne me suis arrêtée ni pour prendre quelque chose à manger, ni pour souffler. Je ne me sentais pas fatiguée ou essoufflée, juste trop honteuse pour me retourner et risquer de croiser le regard de Yuan. Je fini bientôt par sortir du château et traversai le village, le pont et atteignis la rivière où je m’étais retrouvée pour la première fois. Le soleil était à présent haut dans le ciel, il devait être près de midi, et on distinguait, du haut des montagnes, ses rayons traversants les amas de nuages cotonneux. Je couru sans m’arrêter jusqu’à ce que j’atteigne les bois. Arrivée près d’un ruisseau, je me laissai tomber. À bout de souffle, je m’endormie.

                                                                         Fin du chapitre 2   

    

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What's: Chapitre 03

What : Chapitre 3 : bonjour mam’zelle!

Au petit matin, les premiers rayons vinrent réchauffer mon visage endolori par le froid de la nuit. J’ouvrais les yeux et vis un visage, juste devant le mien, qui me regardait fixement. Je sursautai sans néanmoins pousser de cri ou dire quoi que ce soit. Devant moi se tenait un homme aux longs cheveux noirs noués d’un ruban de satin et au regard tendre et joueur. Il était mince, mais ses bras respiraient le dur travail. Il semblait doux et avait un visage fin malgré les nombreuses cicatrices surement dues à son travail. Il me sourit et se leva en me tendant la main.

-        Bien l’bonjour mam’zelle!

-        B…Bonjour…

-        Bah! Z’avez pas froid, là, dans la neige?

-        Je…euh…oui…

-        Alors v’nez donc vous réchauffer un peu!

Il prit ma main et, sans le moindre effort, me leva d’un seul coup.

-        Que vous êtes légère mam’zelle! Un vrai moineau! * grand rire *

-        Euh…c’est bien…

-        Z’avez pas la parlotte vous! Vous v’nez d’où au juste?

-        De.. nulle part.

-        Nulle part? ’connais pas. Je crois pas non plus qu’notre chef connaîtrait. ’devriez pas v’nir de nulle part. C’est jamais bon de pas avoir de chez nous.

-        Pourquoi?

-        Parce qu’y’a pas qu’des gens honnêtes dans l’monde.

-        C’est bien vrai…

Je baissai la tête d’indignation et le suivi au pas. Je n’osais regarder, mais je savais que, lui, m’observait.

-        Dites, mam’zelle, c’est la neige et le froid qui vous rend calme ou alors vous êtes triste?

Je le regardai en souriant tristement et lui répondit.

-        Je ne sais pas trop. Mais merci de t’en soucier. Oups! Pardon! De vous en soucier.

-        Ça fait rien mam’zelle! Vous pouvez m’tutoyer! Moi, je suis qu’un brigand alors…

-        Un brigand?

-        Ouaip! Mais n’ayez pas peur! J’vous f’rai rien! J’suis pas du genre à attaquer les d’moiselles, moi!

-        * petit rire subtil * Je vois…

-        Oh…Comme vous riez joliment mam’zelle! C’est comme le chant des moineaux; doux et calme et qui amène le printemps. Vous aimez le printemps, vous?

-        Oui. Beaucoup. C’est la saison que je préfère. * sourire *

-        C’est vrai?! Moi aussi!! * grand sourire *

D’un seul coup, il s’emballa et me parla de tout ce qu’il y avait de beau dans le printemps. Du chant des oiseaux aux frêles couleurs de la nouvelle vie qui émerge du sol. Je le sentais si passionné et ne pus m’empêcher de sourire en le regardant imiter des oiseaux en plein vol.

-        Dis-moi, tu aimes les oiseaux, n’est-ce pas?

-        Oh oui! Surtout les moineaux!

-        C’est bien ce qu’il me semblait. * petit sourire *

À ce moment là, je m’impressionnais moi-même de mon calme et de mes phrases si bien formulées. Mes parents eux-mêmes ne m’auraient sûrement pas reconnue. Mes parents…que pouvaient-ils bien faire en ce moment…et puis zut! Qu’est-ce que ça pouvait bien me faire, à moi? Ils ne m’auront jamais comprit. Jamais! J’étais bien mieux ici, avec Yuan et l’homme aux moineaux. Ils étaient si gentils et se préoccupaient sans cesse de savoir si j’allais bien. Cette vie était bien plus agréable que celle que je vivais avant. Évidemment, quand les examens arrivaient, je me sentais plus responsable et intelligente, mais le stress que ça m’apportait, à cause de mes parents, me rendait nerveuse et presque colérique. Je pouvais donc facilement vivre sans tout ça. Et puis, malgré que tout soit embrouillé dans ma tête et malgré ce qui m’était arrivée, je me sentais plus…comment dire…plus zen. Je vais être franche, parfois je ne me comprends pas. Enfin, ça a peu d’importance, mais je crois qu’il n’y a qu’une seule chose qui allait me manquer…enfin…une chose…plutôt quelqu’un. Mais j’allais bientôt le revoir, me disai-je.

Nous marchâmes longtemps dans le froid. À plusieurs moments, je manquais de tomber et me rattrapais de justesse pour finalement monter sur les épaules de ce «brigand» aux moineaux : Leon, se nommait-t-il. Nous finîmes par arriver devant une grotte. Plongée dans le noir, je m’accrochai, par peur, aux vêtements de Leon.

-        Vous avez peur mam’zelle?

-        N…Non…

-        * rire * Votre voix ne ment pas! Comme celle des moineaux!

-        Et des girafes. (phrase complètement conne)

-        Quoi?

-        Euh…rien! Rien! Tu me compares souvent aux moineaux.

-        Ça vous dérange?

-        Non!

-    C’est que vous leur ressemblez, vous savez…

-        Ah bon? On ne m’avait pourtant jamais encore comparée à un moineau. Seulement à des chiens ou des furets.

-        Des furets?

-        Euh…oui. J’ai des amis bizarres. * petit rire *

-        Ça c’est sûr mam’zelle!

-        * petit rire *

Peu de temps après, nous atteignîmes enfin la lumière. Je posai mes mains sur mes yeux tant j’étais éblouie. J’entendais des voix d’hommes crier et chanter autour de Leon et moi. Certaines phrases me parvenaient même jusqu’aux oreilles. Du genre : «Qui c’est la mignonnette que tu trimbales, Leon?!», ou encore : «Belle prise! Tu nous la passes?!». Je me sentais peu à ma place et fini par enlever mes mains de mon visage pour découvrir une sorte de taverne plongée dans une atmosphère ivre, mais étrangement chaleureuse.

-        Il fait plus chaud ici, hein?

-        Oui! Ça fait du bien. J’avais les mains tellement froides que je ne les sentais plus. Merci. * sourire *

-        De rien mam’zelle! Ici, c’est des amis à moi! Vous êtes en sécurité.

-        * rire * Si tous les brigands du coin sont comme toi, je ne risquais rien dehors non plus, à part une hypothermie.

-        Bien sûr que si.

Une voix sortie de la foule et résonna à mon oreille aussi bien que s’il n’y avait eu personne. Un homme aux cheveux un peu plus longs que ceux de Leon, mais qui, contrairement aux siens, étaient proprement noués, apparu devant nous. D’un seul coup, il y eut le silence le plus total et tous regardaient cet homme à l’air si imposant.

-        Seule dans la forêt et couchée dans la neige qui plus est! Qu’attendais-tu?! La mort?!

-        Peut-être bien! Et si c’était le cas?! Ça ne te regarde pas!

-        Alors personne ne te retient! Repars et meurs si ça te chante!

Je me sentis vexée. Heureusement, la plupart des hommes se mirent de mon côté.

-        Nolan! T’es pas un peu dur? C’est qu’une gamine, fit l’un d’eux,

-        C’est vrai Nolan! En plus, elle est nouvelle, tu pourrais l’accueillir plus cordialement, gémit un autre,

-        Eh bah! Sacré beau langage Thren! * grand rire *, dirent quelques uns,

-        Ouaip! C’est Lily qui m’a apprit ce mot! * grand sourire *

Tous alors se mirent à huer le dénommé Thren en lui tapotant l’épaule ou la tête.

-        Ouais! Ouais! Comme ça t’as reparlé à Lily?!

-        Eum…bah..en fait..

Il se leva et grimpa sur la table. En criant, il annonça :

-        Lily et moi allons nous marier!

À ce moment là, il y eut une foule de cris, de rires et de sifflements. Tous le félicitèrent et quelques uns le prirent même dans leurs bras. Leon avança et alla lui parler.

-        Bravo mon gars! C’est une fille bien ta Lily. C’est arrivé quand?

-        Hier soir. C’est moi qui le lui ai demandé et elle a accepté! * rire *

-        C’est génial! Et vous allez vous marier quand?

-        Dès que le printemps arrivera!

-        J’ai hâte pour toi!

-        Moi aussi mon vieux! Moi aussi!

J’eus alors un sentiment de bonheur intense. Je souris et me sentais heureuse, vraiment heureuse pour Thren. Plus rien n’aurait pus me faire repartir dans ces réflexions qui occupaient mon esprit jusqu’alors. Plus rien excepté… Nolan. Je le vis dans un coin et me rappelai qu’il avait su que je m’étais couchée dans la neige. Mais comment?! Il ne m’avait pourtant pas vue! Ou alors, il serait passé devant moi sans même me toucher, alors qu’un autre homme de son clan m’aurait ramenée? C’est plutôt bizarre. Et méchant aussi! Je me retournai pour lui poser la question et eus juste le temps de le voir disparaître derrière le mur des escaliers. Je le suivi et montai, sans le moindre bruit, les marches sombres, c’est une habitude ici pensai-je.

J’entrouvris une porte de bois poussiéreuse et le vis assit, dos à l’entrebâilleur d’où je l’observais, sur un grand fauteuil bordeaux et regardant un feu dégageant une chaleur attirante. Je décidai d’entrer et de lui parler malgré qu’il semblait vouloir être seul, mais, avant même que je ne pousse la porte, il m’interpella.

-        Entre.

J’entrai avec un air timide et vins m’asseoir au pied du fauteuil.

-        Je…Comment saviez-vous que j’étais là? Je n’ai pourtant pas fait de bruit.

-        Tu crois?

-        Pas à mon oreille en tous cas.

-        Ton oreille est médiocre alors.

Je me sentais plus vexée encore que la dernière fois. Chaque phrase qui sortait de sa bouche était une insulte à mon égard.

-        Vous êtes toujours comme ça?!

-        . . .

-        J’étais juste venue vous demander comment vous saviez que…

-        Tu étais dans la neige? Je t’ai vue.

-        Et ça ne vous est pas venu à l’idée de me ramener?

-        Si tu y étais, pourquoi t’aurais-je dérangée?

-        Parce que je n’avais peut-être pas envie d’être là! Peut-être que j’étais bien contente que Leon me trouve et me ramène avec lui!

-        Comment l’aurais-je su?

-        En me le demandant.

-        Si c’est ce que tu voulais, pourquoi ne pas l’avoir demandé toi-même?

-        Parce que je…je…et puis merde! Tu ne comprends rien!

Je ne savais plus quoi dire. Je n’avais plus toute ma logique quand je me suis écroulée. Je ne pensais à rien lorsque j’ai couru et quand je me suis endormie. Je ne crois pas que ce soit la douleur qui m’ait fait prendre la fuite, mais plutôt la honte. La honte que Yuan m’ait vue dans une pareille situation.

Je baissai la tête et m’agenouillai, les jambes et les bras croisés et l’air battue. J’avais bien trop d’orgueil pour admettre que, quelque part, il avait raison. C’était pourtant évident que je n’aurais jamais osé demander à ce qu’on me ramène où que ce soit. Mais je savais qu’il ne comprendrait pas parce que sa façon de voir les choses était logique, bien que ça soit un manque total de tact, elle l’était. Contrairement à ce à quoi je m’attendais, il vint s’agenouiller devant moi et me fixa.

-        Qu…Quoi?

-        Rien.

Il passa sa main sur mon visage, sans néanmoins avoir quelconque expression, et déposa un baiser sur mon front. Je ne peux décrire la sensation que ça m’a fait. Qui aurait cru, de la première impression que l’on ait eue, que Nolan puisse faire une telle chose. C’était si…tendre! Si affectueux! Je restai bouche bée et le regardai droit dans les yeux. Il ne sourit pas, ni même ne me jeta le moindre regard. Il se leva et se rassit. Après un moment de silence, il m’adressa enfin la parole, ce qui me fit sortir de ma transe.

-        Tu étais perdue?

-        Si…si on veut…

-        Tu t’es enfuie de quelque part.

-        Je sais.

-        Il ne l’a pas fait.

-        Fait quoi?

-        Tu le sais.

Je me tue, ne sachant que dire. Comment savait-il ça et surtout, s’il ne m’avait pas…enfin…vous savez…que m’avait-il fait?

-        Battue.

-        Comment?

-        Il t’a juste battue.

-        Euh…je…

-        Tu devrais retourner au château.

-        Pa…Pas question!! Jamais je ne pourrais regarder Yuan dans les yeux! Et comment ça se fait que vous sachiez tout ça?

-        Ça ne te regarde pas.

-        Bien sûr que si!

-        Tais-toi! Je t’ai dit que non.

-        Huh!

-        Maintenant, file.

Je ne me le fis pas dire deux fois, je sortie sans un regard et descendis rejoindre Leon. Lui, au moins, il était direct, précis et gentil. Pas comme certains! J’eus à peine le temps de lever la tête que Leon vint à ma rencontre. Il prit ma main et sans aviser, se mit à me faire danser. Visiblement, il était soûl. Mais je ne pouvais pas vraiment me plaindre parce que je dois avouer que je me suis follement amusée. Durant toute la soirée, nous dansâmes et je fini par m’endormir, épuisée et, ma foi, sereine.

Le lendemain matin, je me réveillais avec les premières lueurs, mais me rendormie aussitôt. Lorsque j’ouvris les yeux de nouveau, le soleil plombait dans la pièce et il faisait terriblement chaud. J’enlevai les draps qui me recouvraient et m’assit sur le bord du lit, dos à la porte et face à la fenêtre. Je m’étirais et entendis une voix derrière moi.

-        Alors la belle aux bois dormants, bien dormi?

-        La belle…aux bois…DORMANTS!!!?                      

Ce compte n’existait pas à cette époque! Je levai les yeux et vis, scandalisée, Hayden.

                                                                                         Fin du chapitre 3

            

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What's: Chapitre 04

What : Chapitre 4 : Flash Back

-       MEEEEERDE!!! JE VAIS ÊTRE EN RETARD!!!!

La cloche retenti et me voilà en retard pour mon cours de maths. Je tournais un coin et fonçais dans quelqu’un.

-       Aie! Fais attention! , fit-il,

-       Hayden! Qu’est-ce que tu fou là?!

-       Je vais à mon cours. Je te rappel que j’ai le droit de traîner vu que je suis surveillant.

-       Ah! C’est vrai ça! Hayden, fais-moi un mot pour mon retard! J’t’en priiis!

-       Pff…Tu me crois si facile? Sort avec moi.

-       * hic * C’est bon! Laisse tomber!

Je repartis à la course.

-       Kiyoshi!

-       QUOI?!

Il brandissait un papier juste au dessus de sa tête et me dévisageait d’un regard narquois.

-       Tiens. Je te l’offre pour cette fois. Mais tu as une dette maintenant.

-       Ouais, ouais! On verra, on verra… Merci! On se voit au déjeuner!

Et je repartis à la course.

Quand la cloche siffla pour annoncer la fin des cours, j’attendais que tous les élèves soient partis et, lorsque je fus certaine qu’il ne restait personne, je me ruai dans la classe de musique et fermai la porte. Je m’installai sur le piano à queue et me mis à jouer. J’adorais la musique. Bien plus que tout le reste. Plus encore que la peinture, le volley-ball ou les dessins. Je suis sûre que si elle n’avait pas été là, je ne serais pas comme je suis et, surtout, je n’aurais sans doute pas été capable de me rendre où je suis. Je jouai pendant plus d’une heure et fini par me satisfaire.

En sortant du local, je tombai nez à nez avec Hayden.

-       Tiens tiens. Qu’est-ce que nous avons là? Tu sais pertinemment que tu n’as pas le droit d’être ici.

-       C’est pas de tes affaires!

-       Évidemment que ce l’est! Je suis surveillant! Et encore heureux que tu sois tombée sur moi! Si ça avait été quelqu’un d’autre, il aurait pu te faire du mal!

-       Mais oui! Ce ne sont que des surveillants, ils m’auraient suspendue dans le pire des cas.

-       Tu crois?! Je connais ces gars là! Ce ne sont pas des saints! Tu ne pourras rien dire parce que tu n’étais pas sensée être là. Ils te font chanter et si tu n’acceptes pas, ils te violent! Ils s’en vantent souvent tu sais.

-       Tu me dis ça pour me faire peur! Je suis sûre que c’est faux!

Et je partis en courant.

-       Kiyoshi!! Attend! PAS PAR LÀ!

Mais je ne l’écoutai pas et fonçai dans un grand et gros homme. Il m’empoigna le bras et m’emmena dans l’office des surveillants. Il s’assit et sortit un crayon et un papier. Après un moment, il dit enfin quelque chose.

-       Alors?

-       Alors quoi?

-       Que venais-tu voler?

-       Voler!? Mais rien!! Je ne suis pas une voleuse!

-       Alors que faisais-tu ici?

-       Je…je venais…

-       Je vois.

-       Non! Ce n’est pas ce que vous croyez! Je venais jouer du piano!

-       Du piano?

-       Oui! Tous les soirs, je reste après les cours pour jouer sur le Grand Piano. Je le fais depuis longtemps et personne ne m’a jamais vu!

-       Et bien maintenant, moi je t’ai vu.

-       Mais…monsieur!

-       Pas de mais. Je vais avertir ton professeur de musique et on verra ce qu’il en pense.

En réalité, ça ne m’aurait pas vraiment attiré de problèmes étant donné que si M. Matthews, mon professeur de musique, ne m’avait pas donné les clés du piano, je n’aurais pas pu l’ouvrir. Il était donc au courant, mais je savais que si je disais quoi que ce soit, il aurait des ennuis. Je suppliais le surveillant de laisser passer, mais ce qu’il me proposa en échange était bien plus horrible que ce que j’aurais pu imaginer.

-       J’accepte de passer outre pour cette fois à condition que tu ne le refasses plus. Et j’ai l’intention de surveiller personnellement la classe de musique, alors pas de passe passe.

Quel idiot! Comment pourrais-je arrêter alors que je suis prête à risquer l’expulsion juste pour pouvoir jouer une heure? Ce qu’il me demandait était tout simplement irréalisable! Mais que pouvais-je lui répondre? Je restai silencieuse, ne sachant quoi dire, quand Hayden entra. Il vint déposer une lettre sur le bureau du surveillant et, d’un air sérieux et plutôt… mature même, s’adressa à lui.

-       Ceci est un mot de M. Matthews. Le professeur de musique de mademoiselle Izumi ici présente. Elle a son autorisation pour jouer le soir.

-       Même avec une autorisation, il est interdit de rester après les cours sans surveillance. Ce professeur va avoir de mes nouvelles.

-       Elle n’est pas sans surveillance, je suis le responsable du couloir près de la classe de musique et M. Matthews m’a prié de bien vouloir la surveiller.

-       Je ne crois pas que le directeur soit en accord avec ça.

-       Moi je crois que oui. Il est précisé dans le code de l’établissement que si les élèves doivent terminer un projet scolaire et qu’ils ne peuvent le finir pendant les heures de cours, ils ont le droit, avec l’accord du professeur en charge, de rester afin de terminer leurs travaux.

-       C’est bien jolie tout ça, mais je ne crois pas que cette jeune fille ait à finir ses travaux tous les jours de la semaine.

-       Évidemment que oui! Elle prépare son solo pour le récital pour lequel M. Matthews à travaillé si fort. Il compte sur elle pour faire honneur à cette école et à son personnel.

Le gros homme resta silencieux un moment puis, accompagné d’un long soupir de satisfaction qui m’étonna, reprit enfin la parole.

-       Vraiment, Morangoh, je vois bien pourquoi on vous a demandé de devenir surveillant, malgré votre jeune âge.

-       Dois-je prendre ça pour un oui?

-       * soupir * Allons bon…J’ai autre chose à faire que de persister avec vous. Très bien. Vous avez mon autorisation, mais si j’entends parler d’un quelconque problème, je la renvois.

-       Entendu. Merci de votre compréhension.

Hayden et moi sortîmes du bureau et marchâmes un moment sans dire un mot. Je me décidai à parler, l’air renfrognée et orgueilleuse.

-       Je…merci Hayden.

-       De rien.

-       J’ai…une très grosse dette maintenant, hein? * rire forcé *

-       Effectivement.

-       Tu vas me demander de sortir av…

-       Non.

-       Ah bon?

-       Je veux t’entendre jouer.

-       Qu…m’entendre? Moi?

-       Oui.

Jusqu’alors, il avait l’air plutôt en colère, mais à présent, il me souriait. Étrangement, j’étais soulagée qu’il ne soit pas fâché. Je lui répondis en souriant.

-       D’accord! Viens, on va aller dans le local de musique.

-       Non! Il serait préférable que tu n’y ailles pas aujourd’hui.

-       Pourquoi donc?

-       Ne poses pas de question. Fais-moi un peu confiance pour une fois.

-       Bon…Si tu le dis…Mais alors, on fait comment?

-       J’ai un piano chez moi. Tu crois que tu pourrais venir?

-       Ça m’étonnerait beaucoup.

-       Oh…dommage…

-       Eh! J’ai dis que je ne pourrais sans doute pas. Ça ne veut pas dire que je ne vais pas le faire.

-       Mais…et tes parents? Je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi.

-       Bah…T’en fais donc pas pour ça. De toutes façons, que je le cherche ou pas, j’ai toujours des problèmes. Un de plus, un de moins…qu’est-ce que ça peut faire?

-       Tu es sûre?

-       Mais oui! Fais-moi confiance un peu pour une fois.

Nous rîmes ensemble tout en continuant de marcher vers la maison d’Hayden. Lorsque nous arrivâmes devant, je restai ébahie, bras pendants devant la splendeur de la maison.

-       H…Hayden…c’est à toi tout ça?…

-       Évidemment. Et en plus, je vis seul.

-       Seul? Pourquoi?

-       Parce que mes parents partent sans arrêt pour des voyages d’affaire, alors je me retrouve seul la plus part du temps.

-       Ça doit être triste de vivre tout seul.

-       Pas spécialement, mais je dois avouer que je rêve souvent que tu viennes vivre avec moi dans cette immense demeure.

-       Hum… * rouge comme une tomate *

Il me souriait et je ne savais pas vraiment quoi dire ou penser. Je ne réussis pas à soutenir son regard et penchai donc la tête pour ne plus le voir. J’avais l’impression qu’en me regardant ainsi, il pouvait aussi lire mon âme et mon cœur. Parce qu’en fait, moi aussi j’aimais Hayden. Toutes les nuits je rêvais à lui et m’imaginais dans ses bras, en train de danser. Mais je faisais tout pour enlever de ma tête cette idée absurde. Pourquoi? Et bien, tout simplement parce je savais qu’il n’était jamais resté plus d’une semaine avec la même fille et qu’il les envoûtait tout bonnement pour se les taper. Je ne voulais pas finir comme ça. Ça me brisait littéralement le cœur de l’ignorer, mais je savais que si je me rendais compte qu’il m’avait fait du charme uniquement pour coucher avec moi, je ne m’en remettrais pas. Je préférais ne rien savoir plutôt que d’être déçue.

J’entrai donc dans la luxueuse demeure, suivie de près par Hayden. Il me fit faire le tour de la propriété en n’omettant aucun détail. En effet, ses parents n’y mettaient les pieds qu’environ une ou deux fois par année, principalement lors des festivités ou encore les rares fois où leurs congrès se tenaient près d’ici.

-       Et Noël?

-       C’est plutôt rare. Pour eux, qui ne sont pas chrétiens, Noël est plus une fête commerciale qu’autre chose. Alors, pour seul signe, je crois que c’est surtout pour me prévenir qu’ils ne sont pas mort et que je ne dois pas organiser de funérailles, ils m’envoient une carte avec un «Joyeuse St.-Jean!» ou encore, «Bon anniversaire mon chéri!»

-       Joyeuse St.-Jean?

-       La preuve que Noël est le dernier de leur souci…

-       Je vois. Et toi tu es croyant?

-       Pas vraiment, non. Mais j’aime Noël et son ambiance. Je trouve ça réconfortant et serein de voir les gens avec le sourire, sans autres soucis que de savoir quoi acheter à leur amoureux ou amoureuse. Je veux dire, je sais que c’est très commercial comme fête, mais je continue de penser que si ce n’était que commercial, plus personne n’aimerait Noël et plus personne ne se sentirait heureux et serein.

-       C’est vrai. J’aime beaucoup Noël moi aussi, mais mes parents non plus ne raffolent pas de cette fête. Ma mère se sent plus stressée parce qu’elle ne trouve jamais le temps d’aller magasiner et, vu qu’on n’a pas beaucoup d’argent, elle se sent triste pour nous. Quant à mon père, disons que c’est à peu près la même rengaine que toi. Il pense que c’est uniquement une fête commerciale, mais moi je pense que c’est parce qu’il n’aime pas cette fête et qu’il se sent triste quand elle arrive. Peut-être qu’il pense à comment il la vivait avant et qu’il est soit mélancolique, soit ce sont de mauvais souvenirs.

-       * sourire * Allez, changeons de sujet, ça me rend un peu triste moi aussi.

-       * rire * Oups! Pardon…

-       * toujours souriant * Ce n’est pas grave, et puis comme ça je te connais plus.

-       Tu parles! Tu connais plus mes parents tu veux dire. Et puis, de toute façon, j’en ai déjà assez d’eux quand je suis à la maison, je ne vais pas en plus parler d’eux quand ils ne sont pas là.

-       Bonne idée.

-       Je t’ennuie?

-       Mais non! Mais non! Je ne veux juste pas que tu commences à te sentir triste parce que tu penses à eux.

-       C’est gentil de t’en faire pour moi.

-       Mais de rien. Tu sais, un chevalier doit sans cesse veiller au bien-être de sa princesse.

-       Oui, mais un chevalier se doit de rester fidèle et loyal à sa princesse.

-       Pour ça, il doit le jurer.

-       S’il ne le jure pas, alors c’est qu’il n’est pas son chevalier, mais juste un coureur qui veut faire bonne impression auprès des demoiselles.

-       Mais s’il le jure, alors la jolie princesse ne pourra pas tomber amoureuse de lui.

-       Pourquoi ça?

-       Parce qu’elle doit épouser un prince, pas un chevalier. S’il veut gagner son cœur et sa main, il doit servir quelqu’un de haut pour pouvoir, un jour, monter et, avec un peu de chance et de persévérance, arriver à atteindre son but. Alors…

-       Alors il va à la rencontre de la princesse et se rend compte que toutes ces années passées loin de sa bien aimée lui auront données le temps de tomber amoureuse d’un autre.

-       Où veux-tu en venir?

-       Que je préfère un amour impossible avec un chevalier qui sera toujours à mes côtés plutôt qu’une vie entière à attendre qu’il revienne pour passer les années les plus tristes de ma vie avec lui en bonne et due forme.

-       Même si c’est impossible?

-       Même si c’est impossible.

Alors, Hayden se mit à genou et, prenant ma main et la ramenant à ses lèvres, me dit :

-       Jolie princesse. Chère tendre et douce Kiyoshi. M’acceptes-tu, moi, Sir Hayden Morangoh, comme votre fervent chevalier?

-       Euh…J…*sourire* Me jurez-vous fidélité et loyauté à tout jamais?

-       Oui. Je le jure.

Je brandis la main et, la déposant doucement sur sa tête, continuai.

-       Alors, au nom de ma famille Izumi, je vous nomme chevalier personnel de ma personne. À compté de ce jour, vous me devrez loyauté et fidélité à chaque instant de votre vie et ce, jusqu’à ce que j’en décide autrement et vous libère de votre serment.

-       Qu’il en soit selon vos désirs, ma reine.

-       Je n’étais pas sensé être une princesse?

-       Plus maintenant, parce que sans le savoir vous venez d’épouser le beau prince d’Irlande.

-       D’Irlande? Et en Irlande les cérémonies de mariage sont pareilles à celles d’anoblissement?

Il se leva et m’entoura de ses bras.

-       Qu’est-ce que j’en sais moi? Et quelle importance ça a? Ce qui est dit est dit. Je suis tiens pour toujours et je te dois fidélité à tout jamais.

-       Tu…Tu veux dire que tu ne plaisantais pas?!

-       Une cérémonie aussi importante ne peut pas être qu’une plaisanterie.

-       * à l’amusette * Arrête. On ne sait même pas si c’est véritablement ça qu’il faut dire.

-       ’rien à battre.

-       Hum… * sourire en coin *

-       Qu’est-ce que c’est que ce sourire?

-       Rien. Pourquoi?

-       Mon œil!

Il me souleva et m’emmena dans sa chambre. Il me déposa sur son lit et se mit à quatre pattes au dessus de moi. Je devins aussitôt rouge comme une grenade et sentais mon cœur battre à tout rompre. Je n’arrivais pas vraiment à parler et respirais mal. C’est étrange le sentiment qu’on a lorsqu’on est amoureux. C’est un peu comme lorsqu’on a mal quelque part et qu’on se fait encore plus mal pour en atténuer la douleur. Je veux dire, ce n’est pas en tout point pareil, juste sur le fait que c’est désagréable, mais qu’on en veut plus comme pour que ça devienne agréable. Je me sentais mal, mais c’est ce que je voulais. Plus je haletais et plus ça m’excitait. Pas sexuellement, évidemment, mais d’une manière étrange. Je voulais qu’il s’occupe de moi et qu’il soit inquiet. Je voulais qu’il me console et me serre dans ses bras. Fort. Très fort! Pourquoi? Bah parce que j’étais follement amoureuse de lui. Tout simplement.

Je ne savais pas quoi faire et je fermai les yeux pour ne pas avoir à y réfléchir. Il me regarda d’un air suppliant.

-       Qu’est-ce que tu as?

-       R…Rien…

Que pouvais-je lui dire? Je ne pouvais certainement pas lui avouer que je ne voulais pas sortir avec lui uniquement pour ne pas être comme les autres filles avec qui il était sorti! Mais à force de se languir de ma réponse, il perdit patience et décida de me forcer un peu la main. Il commença tout doucement à me lécher le cou – mon plus gros point faible, et il le savait bien –. Je le poussai et descendis du lit. Il ne semblait pas apprécier et se leva, le regard légèrement empli de foudre. J’eus un peu peur de ce qu’il allait me dire et n’osais pas le regarder en face. Je tournai donc la tête d’un air piteux.

-       Qu’est-ce qui te prends tout d’un coup?!

-       . . .

-       RÉPOND!!!

-       D’ACCORD!! PAS BESOIN DE CRIER!! Je vais te le dire. Tu veux savoir ce qui me prend? Poses-toi la question!

-       Qu’est-ce que tu veux dire?

-       Tu me considères comme quoi?! Une autre de tes poupées que tu vas embobiner et jeter après?! Je suis désolée, mais non!! Je ne suis pas comme toutes ces filles stupides qui croient vraiment que tu les aimes et qui te suivent comme des chiens de poche! Si tu crois pouvoir m’avoir avec tes âneries! Tu te fous le doigt dans l’œil!! Tu crois que je ne savais pas pourquoi tu voulais m’entendre jouer?! Tu savais très bien que je ne pourrais pas aller dans la classe de musique ce soir! Tu l’as fait exprès!! AVOUE!!!

Il ne disait rien. Absolument rien. Il avait la tête baissée et je ne distinguais pratiquement pas son visage. Quand il fini par la relever, il ne semblait pas fâché ou enragé, mais triste et déçu. De le voir triste me faisait me sentir un tantinet coupable, mais le mot «déçu» me hérissait les poils. J’ai toujours détesté décevoir qui que ce soit. Que je le déteste ou non. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait carrément pleurer de voir quelqu’un que je respecte, et aime qui plus est, être déçu par moi.

Il ouvrit la bouche pour parler, puis se ravisa et recommença. Cette fois, il dit quelque chose. Calmement. Presqu’en murmurant.

-       Tu penses vraiment que je t’ais attirée ici pour coucher avec toi?

-       Je… euh…

Il s’énerva.

-       C’EST CE QUE TU PENSES?!!!

Puis, repris son calme.

-       Alors?

-       O…Oui.

Il se tut et se dirigea vers la porte. Je le suivis et nous nous dirigeâmes vers la principale. Il m’indiqua, d’un geste de main, que je devais m’en aller. Je figeai, ne comprenant pas où il voulait en venir. Il me regarda, le regard cette fois entièrement rempli de petites foudres et me dit :

-       Dehors.

-       Comment?!

-       Va-t’en! Puisque tu n’a pas l’air de comprendre!

-       De comprendre quoi?!

-       * soupir * Que tu es bête.

-       Q…Quoi!?

-       Je dois vraiment tout t’expliquer? Tu ne vois donc pas que tu es complètement à côté de la plaque? Tu crois que tout ce que je voulais c’était de coucher avec toi? Et tu crois vraiment que je ne sais pas que tu n’es pas comme ces petites moutonnes gourdes et stupides qui me collent aux basques?! Idiote!! Moi je t’aime et pour la première fois je peux le dire avec conviction puisque c’est vrai! Parce que justement tu es différente et indépendante! Tu ne l’as toujours pas compris?!

-       Je…

Que pouvais-je dire? Je savais bien, moi, que je n’étais pas différente et que je l’aimais, comme toutes ces «petites moutonnes gourdes et stupides» comme il disait. Je n’étais qu’une idiote gourde et stupide. Mais je ne pouvais pas le lui dire.

-       Ne dis rien! Je ne sais plus ce que je dois penser. Maintenant, va-t-en. Je t’en reparlerai demain, si j’en ai envie.

S’il en avait envie?! Vraiment, je le trouvais bien insolent de me dire ça alors que l’impression qu’il me donnait, c’était lui le seul à en être responsable. S’il m’avait dit clairement ce qu’il pensait. Mais non! C’est trop dur? Je ne sais pas moi! Avec cet « harem » de filles toujours avec lui, comment j’aurais pu savoir que je n’étais pas tout simplement un trophée de chasse de plus? Je m’avançai et, le regardant avec autant de petites foudres que lui, lui répondis calmement.

-       Tu sais, tu n’es pas obligé de me reparler. Je peux très bien me passer de toi et de tes moutons débiles! Ce que j’ai cru, je l’ai cru parce que c’est ce dont tu m’as donné l’impression. Tu n’as qu’à t’en prendre qu’à toi même. Sur ce, adieu et bonne chance dans ta maison vide!

Et je partis sans me retourner. Évidemment, je pleurais en silence. Je venais d’envoyer balader celui que j’aimais. Qu’est-ce que je pouvais faire de plus pour me pourrir la vie? Franchement, je ne vois pas. Après un moment de silence, juste quand je tournais un coin, je l’entendis m’appeler. Je voulais plus que tout m’arrêter de marcher et me laisser tomber dans ses bras, mais je n’y arrivais pas. Je ne pouvais pas paraître aussi faible. Il me rejoignit rapidement et me retint par le bras. Je ne pouvais pas le regarder puisqu’il était hors de question qu’il me voit pleurer. J’enlevai mon bras de sa main et continuai de marcher.

-       A…Attend! J’y ai été un peu fort! Pardonnes-moi!

-       . . .

-       S’il te plaît Kiyoshi!

-       . . .

Il perdit de nouveau patience et me tint le bras avec force. Je poussai un cri de douleur et le giflai.

-       Mais!… Qu’est-ce qui te prends?!

-       Lâches-moi! Je t’interdis de me toucher!

-       Tu…

-       La ferme! Je ne t’aime pas! Tu me dégoûtes! Vas-t-en et ne me reparles plus!

Je partis en courant, ne lui laissant pas le temps de me répondre. De toute façon, je ne pense pas qu’il ait eu quoi que ce soit à me répondre, vu son air désemparé. Je savais que je lui faisais du tord et à moi aussi, mais je ne voulais pas m’attacher à qui que ce soit. Jamais! C’était trop douloureux de perdre quelqu’un à qui l’on tient. Pas seulement par la mort, mais également par une séparation. J’avais déjà vécu une situation pareille auparavant où celui que j’aimais m’avais laissée sans raison et où il ne m’avait donné aucune explication. Il avait tout simplement « tourné la page » comme il m’avait dit. J’ignore ce qui s’est passé, mais je ne tenais pas à ce que ça se reproduise.

Je fondis en larmes sans jamais m’arrêter de courir. Hayden ne me suivait plus et je savais qu’il ne me suivrait pas. Je m’arrêtai à côté d’un parc et m’assit sur un banc pour me calmer. Je me demandai si toutes ces larmes valaient la peine et fini par me sentir un peu mieux. C’est à ce moment que j’entrevis une fine lumière bleutée derrière un arbre. Le genre de lumière irréelle et inhabituelle. Je m’en approchai et…

Lorsque j’ouvris les yeux, il faisait froid et j’étais trempée. Je regardai autour de moi et aperçu un vieux moulin. Je m’empressai d’y aller pour m’y réchauffer et en profitai pour jeter un coup d’œil autour de moi. Il n’y avait que de la neige alors qu’on était sensé n’être qu’à l’automne. Je trouvai cela étrange, mais ne pu pas m’attarder sur ce genre de détails puisque je devais absolument trouver un gîte ou quelque chose comme ça pour me réchauffer, sinon je risquais l’hypothermie.

Je décidais de sortir et de suivre un petit sentier que j’avais aperçu un peu avant. J’arrivai devant un village à l’air ancien et un peu délabré, un peu comme l’est une reconstitution d’anciens monuments, mais en vrai. Tout me faisait penser à l’époque médiévale, les habitations, la démarche des gens et leurs atours et les rues, que je passai avec un peu de répugnance vu la piètre qualité de celles-ci. J’arrivai devant d’immenses grilles bordant un gigantesque palais. Je m’arrêtai pour l’observer un instant quand quelqu’un m’interpella. Je me retournai et vis une jeune femme accourir vers moi.

-       Mon enfant! Mon enfant! Que fais- tu dans de tels vêtements?

-       Je… Et bien, ce sont mes vêtements, pourquoi?

Elle semblait surprise. Je me demandais de plus en plus où j’étais et commençais à me dire que, contrairement à ce que je m’étais dit au départ, je n’étais pas sur un plateau de tournage.

-       C’est inconvenable pour une demoiselle de porter des pantalons. Si tu es bien une demoiselle…

-       Incon… EH! Comment ça « si je suis bien une demoiselle »?! Ça ne se voit pas assez?!!!

-       Et bien…c’est à se demander vu ton accoutrement.

Je grommelai de rage, mais décidai de me calmer.

-       Peut importe. J’ai une question. En quelle année sommes-nous?

-       En quelle année? Je suis désolée, mais je ne vois pas de quoi tu parles.

-       Co…Comment?!! Vous ne savez même pas ce qu’est une année?!

-       Ma foi, j’en ai déjà entendu parler. Parce que ma sœur est servante au palais alors elle connaît plus ce genre de chose, mais pourquoi donc veux-tu savoir ça?

-       Ce…Pour rien, pour rien. Euh…servante au palais vous dites?

-       Oui oui. Pourquoi?

-       Mais… s’il y a un palais, c’est qu’il y a un roi.

-       Évidemment. Sa majesté Dugald.

-       Dugald?

-       Oui. Mais il n’est pas là en ce moment. En fait, il n’est là que très rarement ces jours ci. C’est le prince Yuan qui s’occupe du royaume en son absence.

-       Un prince? Est-ce que tout ce que vous me dites est vrai ou vous voulez juste me jouer un tour parce que vous êtes en colère parce que j’ai interrompu la scène?

-       Je ne comprends rien à ce que tu me dis.

-       Oh putain…

-       Grand Dieu!!

-       Quoi?

Elle me gifla et me fit la morale sur les gros mots. Je l’aurais volontiers frappée moi aussi, mais je me suis dit qu’il valait mieux ne pas s’attirer d’ennuis.

De toute évidence, je n’étais plus dans le même pays, ni à la même époque d’ailleurs. Je mis un petit moment avant de réaliser l’ampleur de la situation. Après réflexion, je soupirai et mis ma main sur mon front, comme pour me remettre les idées en place. Étrangement, je n’étais pas paniquée, ni sidérée. Peut-être un peu surprise, mais positivement. J’avais toujours rêvé, qu’un jour, je vivrais quelque chose de spécial, d’extraordinaire et d’unique. Moi. Seulement moi. Bah voilà! Je l’avais mon événement unique! Et je n’avais nullement l’intention de chercher quelconque moyen pour repartir. De toute façon, qu’est-ce qui m’attachait à mon monde excepté peut-être mes amies, qui de toute façon, m’auraient été enlevées vu que nous allions bientôt finir le lycée. Je n’avais qu’une envie, et c’était d’explorer ce nouveau monde qui s’ouvrait à moi.

J’entrai donc dans les murs du palais grisâtre et sombre…                                 

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